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	<title>Vox Internet - Programme de recherche soutenu par l'ANR</title>
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		<title>Usages et consommation sur l'internet : quelles red&#233;finitions de l'offre et de la demande ?</title>
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		<dc:date>2005-06-23T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cecile MEADEL</dc:creator>

<category domain="http://www.voxinternet.fr/spip.php?rubrique3">Usages et consommations sur l'internet</category>

		<dc:subject>Article scientifique</dc:subject>

		<description>Comment l'internet red&#233;finit-il, ou est-il susceptible de red&#233;finir les rapports entre une offre et une demande, un usager et un service, dans un cadre marchand ou non marchand ? Il s'agit ici de mettre &#224; l'&#233;preuve l'hypoth&#232;se suivant laquelle certains dispositifs de l'internet conduisent ou peuvent conduire &#224; modifier la mani&#232;re dont s'&#233;tablissent les relations entre offre et demande, depuis les premi&#232;res phases de conception des dispositifs jusqu'&#224; l'usage &#233;ventuel de l'objet ou du (...)

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&lt;a href="http://www.voxinternet.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Article scientifique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comment l'internet red&#233;finit-il, ou est-il susceptible de red&#233;finir les rapports entre une offre et une demande, un usager et un service, dans un cadre marchand ou non marchand ? Il s'agit ici de mettre &#224; l'&#233;preuve l'hypoth&#232;se suivant laquelle certains dispositifs de l'internet conduisent ou peuvent conduire &#224; modifier la mani&#232;re dont s'&#233;tablissent les relations entre offre et demande, depuis les premi&#232;res phases de conception des dispositifs jusqu'&#224; l'usage &#233;ventuel de l'objet ou du service.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour r&#233;pondre &#224; ces deux questions, deux terrains d'&#233;tude ont &#233;t&#233; choisis, qui sont deux applications innovantes du point de vue de leurs applications, l'une appartenant &#224; l'univers marchand et l'autre non : le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;peer-to-peer (P2P)&lt;/i&gt; et les ench&#232;res en lignes, en s'arr&#234;tant plus particuli&#232;rement au cas tr&#232;s d&#233;velopp&#233; des services propos&#233;s par la soci&#233;t&#233; leader du domaine, e.Bay. Les deux dispositifs se d&#233;finissent comme des interm&#233;diaires puisqu'ils se donnent pour objet d'organiser la rencontre entre un offreur et un demandeur sans se m&#234;ler du contenu, tout le dispositif devant permettre d'organiser la rencontre entre les deux parties et d'optimiser leur satisfaction. Il s'agit donc d'interm&#233;diaires qui viennent modifier la cha&#238;ne traditionnelle de la circulation des biens ou services, voire de leur production, en la raccourcissant dans certains cas, mais parfois aussi en l'allongeant. Ce circuit de biens et services est modifi&#233; au terme d'un important travail de conception des interfaces qui, en retour, modifient l'identit&#233; m&#234;me des produits &#233;chang&#233;s : les biens n'ont plus de prix pr&#233;d&#233;fini et se mesurent par exemple &#224; l'aune du d&#233;sir des autres usagers du service. Les contenus se d&#233;finissent par la qualit&#233; de la connexion des usagers, le nombre de t&#233;l&#233;chargeurs simultan&#233;s, le jugement critique qui les accompagne, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette modification de la cha&#238;ne des interm&#233;diaires peut permettre d'&#233;tablir des relations individualis&#233;es entre l'offreur et le demandeur, en laissant une grande autonomie aux deux. On remarquera &#224; ce sujet l'inad&#233;quation de la notion d'interactivit&#233; dans la mesure o&#249; elle renvoie &#224; des dispositifs o&#249; les retours de la demande sont fortement cadr&#233;s par les besoins de l'offre ; on assiste au contraire, pour certaines applications de l'internet, et en particulier pour les deux retenues ici, &#224; une v&#233;ritable co-construction de l'&#233;change.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les deux dispositifs ont en commun une capacit&#233; &#233;troite &#224; suivre &#224; la fois les propositions de leurs usagers/clients, les capacit&#233;s des technologies, la modification des comp&#233;tences des diff&#233;rents acteurs ; &#224; d&#233;velopper les services propos&#233;s en les transformant ; &#224; conna&#238;tre une tr&#232;s large diffusion. Ils s'installent tous les deux dans un univers tr&#232;s &#233;quip&#233;, o&#249; ils entrent en concurrence avec des syst&#232;mes &#233;tablis, les maisons de disque d'un c&#244;t&#233;, les commissaires-priseurs et marchands de l'autre. L'un suscite bien s&#251;r une pol&#233;mique qui n'a fait qu'effleurer l'autre, les professionnels du commerce des biens de seconde main &#233;tant d&#233;sormais des usagers actifs de ces espaces de vente, tandis que les principales firmes de l'industrie discographique se contentent pour l'heure de combattre frontalement par voie judiciaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question des prix n'est pas un &#233;l&#233;ment qui rendrait &#224; lui seul les deux applications incomparables : les &#233;conomistes ont montr&#233; depuis longtemps que les ench&#232;res ne sont pas strictement orient&#233;es par les prix et que nombre d'&#233;l&#233;ments interviennent dans la d&#233;finition de la transaction. Du c&#244;t&#233; du P2P, on peut aussi faire l'hypoth&#232;se que la gratuit&#233; n'est pas le seul ressort de la transaction. Ses internautes n'ont pas un comportement purement opportuniste au sens des &#233;conomistes ; la valeur v&#233;nale du bien n'est pas seule en jeu ; ils sont sensibles &#224; la forme de communication pratiqu&#233;e : l'&#233;change.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les deux dispositifs fonctionnent avec des applications sophistiqu&#233;es, en transformations permanentes, sur un mod&#232;le d'usage pourtant d'une tr&#232;s grande simplicit&#233; et accessibilit&#233;. Ils sont d'une extr&#234;me souplesse dans la mesure o&#249; ils autorisent des figures tr&#232;s diff&#233;rentes d'usagers : depuis l'expert habile &#224; ma&#238;triser les complexit&#233;s de l'&#233;change jusqu'au b&#233;otien revendiqu&#233; qui veut simplement obtenir son bien sans rien conna&#238;tre de la plate-forme, ni de l'organisation de l'&#233;change. On a donc l&#224; deux &#171; march&#233;s &#187; qui fonctionnent et formatent leur offre par des interactions tr&#232;s &#233;troites avec la demande, avec un r&#244;le de m&#233;diateur pour les deux, mais qui ne s'inscrit pas dans le m&#234;me processus : E-bay n'existe qu'&#224; travers son interface de m&#233;diation, tandis que le P2P se d&#233;veloppe en effa&#231;ant les interm&#233;diaires, pour ne mettre en avant que les plates-formes d'&#233;change.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sans pousser plus loin la comparaison entre une entreprise d&#233;sormais internationale et un dispositif technologique con&#231;u de mani&#232;re collaborative, &#233;clat&#233;, non appropriable et d&#233;clin&#233; en une s&#233;rie de diverses plates-formes, on fera pourtant l'hypoth&#232;se, en acceptant de rapprocher ces deux services si distincts, que certaines questions peuvent leur &#234;tre pos&#233;es successivement qui permettent d'approfondir l'enjeu de la mutation des usages dans l'espace du web :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur les dispositifs qui permettent l'adaptation de l'offre et de la demande : o&#249; l'interm&#233;diaire pr&#233;l&#232;ve-t-il des informations sur les usages et consommations et sous quelles formes ? &lt;br /&gt;
Sur les formats d'usages possibles : quels mod&#232;les de consommateurs-usagers, quels types d'apprentissage sont convoqu&#233;s ? quelles possibilit&#233;s sont ouvertes, quels sont les points rigides du syst&#232;me, y a-t-il des capacit&#233;s de d&#233;tournement des dispositifs ? quelles sont les comp&#233;tences implicites attendues ou n&#233;cessaires ?&lt;br /&gt;
Sur les formes de diffusion et de m&#233;diatisation des dispositifs : comment les syst&#232;mes conqui&#232;rent-ils de nouveaux clients-usagers ? comment se fonde la confiance dans l'interm&#233;diaire ? avec quel type de contrat (implicite ou explicite) ?&lt;br /&gt;
Sur les possibilit&#233;s d'encadrement-r&#233;gulation des activit&#233;s, par l'architecture technique, les usages acquis ou install&#233;s, la loi, l'&#233;conomie... : comment sont r&#233;gul&#233;s les conflits ? y a-t-il intervention d'un tiers ext&#233;rieur &#224; l'&#233;change et dans quels cas ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une seule s&#233;ance de s&#233;minaire n'a pu bien entendu qu'esquisser ces questions, mais elle les a pour partie d&#233;plac&#233;es et approfondies [&lt;a href=&quot;http://www.voxinternet.fr/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; id=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Il faut souligner que la synth&#232;se pr&#233;sent&#233;e ici rel&#232;ve de la seule (...)' &gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux invit&#233;s ont introduit la discussion :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Fabienne Weibel, avocate de formation, membre de la direction juridique d'e.Bay&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Fabrice Rochelandet, ma&#238;tre de conf&#233;rences en &#233;conomie &#224; l'universit&#233; de Paris XI-Orsay, membre du laboratoire ADIS (analyse des dynamiques industrielles et sociales).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les ench&#232;res en ligne d'e.Bay&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Description&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En France, e.Bay a ouvert en septembre 2000 et emploie aujourd'hui quarante personnes [&lt;a href=&quot;http://www.voxinternet.fr/#nb2&quot; name=&quot;nh2&quot; id=&quot;nh2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] La litt&#233;rature sur les ench&#232;res en ligne a donn&#233; lieu &#224; une production (...)' &gt;2&lt;/a&gt;]. Il y a actuellement 114 millions d'utilisateurs dans le monde, 3,5 millions de &#171; visiteurs uniques &#187; par mois en France, soit 18,5% de p&#233;n&#233;tration dans les foyers reli&#233;s &#224; l'internet. e.Bay n'intervient pas dans les transactions, et ne participe pas au processus de paiement ; tout se passe &#171; de gr&#233; &#224; gr&#233; &#187; entre utilisateur et vendeur. e.Bay cadre la transaction par un ensemble de prescriptions ou de propositions incitatives (par exemple, les photos des objets largement sollicit&#233;es, les dispositifs de confiance, l'assurance sur les petits &#233;changes, le robot ench&#233;risseur, etc.) ; l'interm&#233;diaire vise &#224; assurer son d&#233;veloppement en accroissant la fiabilit&#233; du service gr&#226;ce &#224; une s&#233;rie de guides : les conditions d'utilisation - qui rappellent la l&#233;gislation en cours, des r&#232;glements par type d'objet, des guides pour apprendre &#224; bien vendre et bien acheter. La firme sp&#233;cifie bien qu'elle n'est pas un commissaire-priseur : elle ne certifie en rien la description de l'objet ni n'intervient dans la d&#233;finition de son prix. En revanche, elle pr&#233;l&#232;ve bien une commission sur les transactions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La ressource strat&#233;gique de e.Bay est la communaut&#233; de ses acheteurs et vendeurs, puisque c'est la base m&#234;me de l'activit&#233; (et du site) ; le site d'ench&#232;res doit &#224; la fois atteindre une masse critique suffisante d'objets &#224; vendre pour retenir l'acheteur et ramener un nombre suffisant d'acheteurs potentiels pour que les vendeurs continuent &#224; alimenter le site. Un ensemble large de dispositifs, de strat&#233;gies d'animation, d'outils de communication, etc., est d&#233;ploy&#233; pour accompagner la &#171; communaut&#233; &#187; et confond volontairement dans un m&#234;me ensemble acheteurs et vendeurs, pour la faire vivre et l'accro&#238;tre :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; des &#171; universit&#233;s &#187; qui permettent aux utilisateurs et acheteurs de se rencontrer ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; des forums de discussion &#171; pour prendre le pouls de la communaut&#233; &#187; ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; la possibilit&#233; de correspondre avec tout membre de la communaut&#233; (par exemple pour interroger les clients d'un vendeur sur les probl&#232;mes qu'ils ont rencontr&#233;s avec lui) ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; un syst&#232;me d'&#233;valuation qui fait que chaque membre, vendeur comme acheteur, est &#224; la fois &#233;valuateur et &#233;valu&#233; ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; un service consommateurs qui permet de signaler des probl&#232;mes (dans un dispositif de type &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Community Watch &lt;/i&gt;) et un programme de protection des acheteurs qui les rembourse en cas de probl&#232;me pour des petites transactions (en de&#231;&#224; de 200 &#8364;), ce qui encourage les parties &#224; bien effectuer leur transaction par l'interm&#233;diaire du site (au del&#224; de cette somme, les parties sont engag&#233;es &#224; passer par des &#171; tiers de confiance &#187;, i.e. des &#171; cybernotaires &#187;, non sp&#233;cifiques &#224; e.Bay) ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; un programme d'aide &#224; la r&#233;solution des litiges pour &#171; inciter &#224; reprendre le dialogue &#187; ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; un proc&#233;d&#233; de signalement pour les titulaires de droits qui estiment qu'une annonce contrevient &#224; leur droit ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;e.Bay tire sa r&#233;mun&#233;ration du vendeur qui paie d'une part les frais d'insertion et d'autre part une commission sur la transaction, si celle-ci se fait. Ces frais d&#233;pendent de la valeur (initiale et finale) du bien propos&#233; et de son type. Les &#171; professionnels &#187; (les vendeurs hors ligne) ne font pas l'objet d'une taxation sp&#233;cifique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le service d'ench&#232;re en ligne est typiquement une affaire de confiance : comment croire que la personne qui vous a achet&#233; ce bien par un simple clic et dont vous ne connaissez qu'une adresse mail tiendra bien son engagement et vous enverra l'argent ? Comment sym&#233;triquement accepter d'envoyer un ch&#232;que &#224; un vendeur inconnu qui vous assure que, sit&#244;t cet argent re&#231;u, il vous fera parvenir l'objet ? La position des deux parties n'est pas sym&#233;trique : le risque encouru par le vendeur est seulement celui d'une perte de chance, alors que l'acheteur risque de perdre sa mise. Aussi les garanties fournies des deux c&#244;t&#233;s sont-elles &#233;galement asym&#233;triques : le vendeur doit s'enregistrer aupr&#232;s de e.Bay qui v&#233;rifie son identit&#233; et son adresse physique, tandis que l'acheteur ne fournit qu'une adresse mail. C'est donc bien le service lui-m&#234;me qui produit la confiance et fournit des garanties &#224; l'&#233;change.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le contr&#244;le est assur&#233; par la r&#233;putation de chaque acteur, qui est entre les mains de la communaut&#233;, i.e. de chaque acheteur ou vendeur qui aura eu affaire avec lui. Ainsi la cotation de la valeur de partenaire d'un acteur donn&#233; (appel&#233; &#171; profil d'&#233;valuation &#187;) est si importante que certains h&#233;sitent &#224; collaborer avec les acteurs non cot&#233;s et leur demandent d'apporter des garanties compl&#233;mentaires (de m&#234;me les acteurs ayant conduit peu de transactions sont r&#233;put&#233;s moins fiables). La d&#233;nonciation d'un mauvais comportement entra&#238;ne la baisse de la cote de l'acteur d&#233;sign&#233;, ce qui peut avoir des effets dommageables pour ses transactions ult&#233;rieures : il a un droit de r&#233;ponse, affich&#233; sous l'avis n&#233;gatif, mais risque n&#233;anmoins de subir un effet compromettant. En contrepartie, celui qui accuse laisse la trace &#233;crite de ses dol&#233;ances et peut aussi &#234;tre d&#233;sign&#233; comme &#171; agent &#224; risque &#187; s'il produit des jugements n&#233;gatifs nombreux ou contest&#233;s. Le parcours de chaque acteur peut ainsi &#234;tre retrac&#233; par n'importe quel usager du service : ce qu'il ach&#232;te, ce qu'il vend, les &#233;valuations qu'il a port&#233;es et celles qu'il a re&#231;ues.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Questions sur un mod&#232;le :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; L'exclusion par la firme elle-m&#234;me d'un agent (par exemple apr&#232;s mise en &#339;uvre du programme de protection) pose des questions de respect des droits du consommateur : qui s'en porte garant ? quels sont ses recours possibles ? quelle est la visibilit&#233; pour le consommateur du syst&#232;me de sanctions progressives mises en place par la soci&#233;t&#233; ? On peut de m&#234;me interroger les notations entre membres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; La soci&#233;t&#233; interm&#233;diatrice rel&#232;ve du statut des h&#233;bergeurs d'annonce et n'est pas soumise au droit du commerce. Le statut d'h&#233;bergeur est-il ad&#233;quat pour exercer cette activit&#233; sur l'internet ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le Peer-to-peer&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les enjeux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'int&#233;r&#234;t des &#233;conomistes pour le peer-to-peer remonte au proc&#232;s fait &#224; Napster, qui les a pouss&#233;s &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la piraterie, &#224; la violation du droit d'auteur, aux menaces sur la propri&#233;t&#233; intellectuelle [&lt;a href=&quot;http://www.voxinternet.fr/#nb3&quot; name=&quot;nh3&quot; id=&quot;nh3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] Cf en annexe du rapport la contribution de Fabrice Rochelandet &#171; Le (...)' &gt;3&lt;/a&gt;]. Ensuite, d'autres r&#233;flexions ont soulev&#233; des questions plus int&#233;ressantes encore sur l'&#233;conomie des r&#233;seaux. Les enjeux sont triples :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; Expliquer le fonctionnement du P2P : au del&#224; des syst&#232;mes techniques nombreux, comment caract&#233;riser ces r&#233;seaux ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Peut-on concevoir des mod&#232;les &#233;conomiques viables ? Se posent alors deux probl&#232;mes. L'un, propre au fonctionnement des r&#233;seaux P2P, est peut-&#234;tre en voie de r&#233;solution : comment fait-on dispara&#238;tre les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;free-riders&lt;/i&gt;, les comportements non coop&#233;ratifs ? L'autre, plus structurel, concerne les effets &#233;conomiques sur les industries de contenu : est-il souhaitable d'&#233;liminer ces pratiques ? Finalement, est-ce que cet usage, la piraterie, joue un r&#244;le d&#233;terminant dans la crise de diffusion &#224; laquelle sont aujourd'hui confront&#233;es les majors ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Comment concevoir une r&#233;gulation optimale ? Faut-il renforcer le droit d'auteur ? Quel est le r&#244;le des fournisseurs d'acc&#232;s ? Faut-il des pr&#233;l&#232;vements, des solutions parafiscales, etc. ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Quelques caract&#233;ristiques des r&#233;seaux Peer to Peer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le P2P existait bien avant Napster : depuis 1981 avec le r&#233;seau Usenet. C'est un syst&#232;me largement ancr&#233; dans les repr&#233;sentations collectives des informaticiens. La technique a &#233;t&#233; propuls&#233;e en 1999 par le succ&#232;s de Napster, qui est pass&#233; en un an de trente utilisateurs &#224; 25 millions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans leurs formes actuelles, ces r&#233;seaux constituent un syst&#232;me technologique permettant &#224; une communaut&#233; d'utilisateurs de partager non seulement des biens num&#233;ris&#233;s, mais &#233;galement d'autres ressources comme les capacit&#233;s de traitement et de l'espace de stockage num&#233;rique. Il ne s'agit donc pas de mod&#232;les serveurs-clients, mais d'une pluralit&#233; d'applications permettant l'&#233;change entre des machines connect&#233;es. On peut diff&#233;rencier les r&#233;seaux selon deux crit&#232;res :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; la nature des ressources partag&#233;es : elles peuvent &#234;tre des &#339;uvres prot&#233;g&#233;es mais aussi des capacit&#233;s de calcul informatique, des informations professionnelles (Nextpage), de la collaboration &#224; distance, des syst&#232;mes de lutte anti-spam (qui permettent de les neutraliser assez rapidement), du stockage ou de l'archivage de donn&#233;es, de la distribution l&#233;gale de contenu, etc., bref des applications tr&#232;s diversifi&#233;es ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; leur architecture : pr&#233;sence ou non de serveur central ; logiciel propri&#233;taire (comme Kazaa) ou libre (e.donkey) ; mod&#232;les permettant des comportements opportunistes ou exigeant la coop&#233;ration de tous ; contenus stock&#233;s ou, de plus en plus, circulants, ce qui pose des probl&#232;mes de propri&#233;t&#233; intellectuelle accrus. On est l&#224; dans un rythme d'innovation tr&#232;s rapide.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le co&#251;t du P2P est in&#233;galement r&#233;parti : certains utilisateurs professionnels peuvent y trouver int&#233;r&#234;t car ils &#233;conomisent de la bande passante en reportant les co&#251;ts de transmission sur les usagers. Tandis que pour d'autres le P2P repr&#233;sente un co&#251;t important, en particulier pour les fournisseurs d'acc&#232;s et les op&#233;rateurs r&#233;seaux qui voient leur bande passante &#224; la fois fort encombr&#233;e et de mani&#232;re peu efficiente (impr&#233;visibilit&#233; des concentrations) ; et aussi, selon eux, pour les d&#233;tenteurs de droits. Les b&#233;n&#233;fices peuvent &#234;tre directs ou indirects.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plusieurs questions sont alors abord&#233;es :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Quelle est la nature des biens qui circulent dans le P2P ? &lt;br /&gt;
Le P2P ne peut &#234;tre assimil&#233; &#224; un service collectif d'une part parce que l'usager peut en &#234;tre exclu, d'autre part parce qu'il y a confusion entre l'offreur et le demandeur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; Comment g&#233;rer les comportements non coop&#233;ratifs des agents ? &lt;br /&gt;
Les transferts entre usagers sont non mon&#233;taires, les ressources immat&#233;rielles et temporelles. La contrainte pour les utilisateurs n'est pas une contrainte budg&#233;taire, mais la dur&#233;e maximale qu'un utilisateur consacre au r&#233;seau. Les comportements de ceux qui ne contribuent jamais font baisser l'int&#233;r&#234;t du r&#233;seau, ralentissent les t&#233;l&#233;chargements et risquent d'avoir de dangereux effets &#171; d&#233;s-incitateurs &#187; sur les autres membres du r&#233;seau. Ces comportements de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;free-rider&lt;/i&gt; ne sont pas marginaux (on a calcul&#233; que sur Gnutella, 70% des usagers ne faisaient que prendre sans donner) ; le resquilleur a acc&#232;s aux ressources sans en supporter le co&#251;t, (i.e. le risque, plus qu'improbable, de se faire rep&#233;rer). Comment fait-on pour &#233;liminer les comportements non coop&#233;ratifs ? En th&#233;orie, on peut r&#233;fl&#233;chir &#224; des syst&#232;mes de prix qui taxent les pollueurs, &#224; des mod&#232;les de r&#233;putation (les individus ont une cote, et plus elle est &#233;lev&#233;e, plus ils peuvent t&#233;l&#233;charger).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; Comment s'explique la coop&#233;ration des agents alors que la probabilit&#233; de se faire rep&#233;rer comme resquilleur est faible voire nulle ? &lt;br /&gt;
En fait il peut &#234;tre rationnel de coop&#233;rer : si l'on a int&#233;r&#234;t &#224; ce que les technologies se d&#233;veloppent, lorsque le co&#251;t de partage est tr&#232;s faible (par exemple sur le lieu de travail), si l'on partage les valeurs d'une communaut&#233;, en particulier les valeurs de coop&#233;ration des r&#233;seaux P2P. La coop&#233;ration peut &#234;tre diff&#233;renci&#233;e, avec des coop&#233;rateurs permanents et d'autres plus opportunistes qui ne contribuent que lorsqu'ils sont demandeurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; Enfin, comment arbitrer entre les int&#233;r&#234;ts l&#233;gitimes des d&#233;tenteurs de droit et les int&#233;r&#234;ts des utilisateurs ? &lt;br /&gt;
Les d&#233;tenteurs de droit peuvent aussi avoir quelque int&#233;r&#234;t &#224; la survie du P2P. Mais comment produire des syst&#232;mes collectifs sur une base priv&#233;e ? Le P2P peut &#234;tre aussi con&#231;u comme une promotion du spectacle vivant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces questions doivent aussi &#234;tre pos&#233;es en relation avec le d&#233;veloppement des r&#233;seaux physiques de communication : ceux-ci, entre les mains des op&#233;rateurs de t&#233;l&#233;communications, favorisent d'ores et d&#233;j&#224; certains types d'usages, et en particulier les &#233;changes asym&#233;triques, moins consommateurs de bande passante, moins complexes, plus contr&#244;lables. La r&#233;partition de la bande passante n'est pourtant pas, ou sera sans doute de moins en moins, une ressource rare et les r&#233;gulations envisag&#233;es doivent prendre en compte l'&#233;volution extraordinairement rapide de la capacit&#233; des r&#233;seaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En conclusion, on voit que le P2P remet en cause la cha&#238;ne d'interm&#233;diations et donc, au del&#224;, la construction des march&#233;s dans toutes leurs composantes. Force est de constater qu'aucun consensus ne se dessine aujourd'hui sur le diagnostic, ni sur les moyens &#224; mettre en &#339;uvre, et ce, tant dans le champ des praticiens que dans celui des &#233;conomistes [&lt;a href=&quot;http://www.voxinternet.fr/#nb4&quot; name=&quot;nh4&quot; id=&quot;nh4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] La bibliographie est tr&#232;s ample ; citons, parmi d&amp;#39;autres des (...)' &gt;4&lt;/a&gt;]. Le passage &#224; l'ordre judiciaire signe l'&#233;chec des tentatives ant&#233;rieures de r&#233;gulation. De mani&#232;re assez significative, dans les errements actuels la puissance publique se replie sur des instruments aussi faibles que la p&#233;dagogie (expliquer aux enfants des &#233;coles que le t&#233;l&#233;chargement est un p&#233;ch&#233;, suggestion qui fait le miel des FAI, on comprend pourquoi) ou la publicit&#233; (avec le parrainage de quelques artistes).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Quelles pistes explorer en mati&#232;re de r&#233;gulation du P2P ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La solution extr&#234;me et peu r&#233;aliste, ne serait-ce qu'en raison du nombre d'acteurs concern&#233;s et du dissensus des parties sur la question, mais qu'il faut rappeler comme point extr&#234;me de la position de certains acteurs est celle de l'interdiction. Il s'agirait de mettre en place une s&#233;rie de contraintes, juridiques et techniques, visant &#224; d&#233;truire ce mod&#232;le d'&#233;change. Une politique de prohibition viserait &#224; marginaliser &#224; l'extr&#234;me le P2P en l'associant &#224; des comportements d&#233;linquants. C'est le sens de la campagne de poursuites judiciaires men&#233;e par l'industrie phonographique au d&#233;but de l'ann&#233;e 2005.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'autres modalit&#233;s sont envisag&#233;es :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; La taxation des flux sortants (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;up-load&lt;/i&gt;) : outre des probl&#232;mes de l&#233;gitimit&#233; et de mise en &#339;uvre, elle semble peu adapt&#233;e &#224; l'architecture des &#233;changes sur internet ; l'int&#233;r&#234;t d'une telle proposition tient surtout &#224; son caract&#232;re strat&#233;gique, dans la mesure o&#249; elle a permis d'expliciter les positions des diff&#233;rents acteurs ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; La compensation par une taxation. Le gouvernement envisage la taxation du chiffre d'affaires des fournisseurs d'acc&#232;s, qui serait report&#233;e sur le prix des abonnements. Quelle est la l&#233;gitimit&#233; d'une telle taxe qui associe le P2P &#224; de la pollution ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Les mod&#232;les de compensation dans un syst&#232;me de don - contre don : les artistes font un don en nature et, en contrepartie, les usagers d&#233;cident de la r&#233;mun&#233;ration qu'ils apportent (ces mod&#232;les ont &#233;t&#233; op&#233;ratoires dans le cas du d&#233;veloppement des logiciels libres qui se sont nourris d'&#233;changes volontaires et gratuits) ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Le laisser-faire : dans une approche quasi darwiniste, on consid&#232;re que l'on est dans une p&#233;riode d'innovation destructrice. Si la fonction d'interm&#233;diation des majors n'est plus adapt&#233;e, elles seront amen&#233;es &#224; dispara&#238;tre. Ou alors elles seront contraintes &#224; l'innovation. Et l'&#201;tat n'a pas &#224; s'en m&#234;ler ; il ne doit pas les soutenir artificiellement par des subventions alors qu'elles sont inadapt&#233;es &#224; leur environnement. Les &#233;volutions envisag&#233;es sont multiples : le repositionnement des majors sur d'autres biens culturels, la transformation de la cha&#238;ne de production, la p&#233;nurie des contenus de masse ou la production de petites s&#233;ries adapt&#233;es &#224; des march&#233;s de niche, l'enrichissement du produit, etc....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; La subvention : la puissance publique doit-elle alors faire porter son intervention sur l'internet ou plut&#244;t sur les producteurs de contenus ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; De nouvelles applications qui rebattraient les cartes en offrant des services facturables ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Quelques enseignements &#224; tirer des d&#233;bats&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on s'arr&#234;te &#224; la possibilit&#233; d'une r&#233;gulation par le juridique, quelle est la l&#233;gitimit&#233; d'une loi qui contredit les normes de comportement ? Que l'on fasse l'hypoth&#232;se que les internautes pirates ont conscience du caract&#232;re transgressif de leurs pratiques ou que l'on suppose un certain aveuglement de leur part ne change rien au fait qu'une pratique aussi diffus&#233;e ne peut &#234;tre simplement contrainte par un dispositif technique ou un texte de loi, s'il ne prend pas en compte la r&#233;alit&#233; du ph&#233;nom&#232;ne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Les situations diff&#232;rent selon les pays, selon la conception du copyright, la m&#233;diatisation du probl&#232;me par les producteurs de musique, la disponibilit&#233; en r&#233;seau haut d&#233;bit et la jurisprudence des tribunaux ... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Les comportements des utilisateurs ne doivent pas &#234;tre vus comme purement opportunistes ; le P2P leur permet des formes de pratiques distinctes de celles de l'achat/consommation de biens culturels. Ces usagers construisent avec leur objet un rapport &#224; la fois plus fluide (le produit se d&#233;finit dans la circulation qui l'affecte et le caract&#233;rise - la source qui le fournit, les mains par lesquelles il passe, le nombre de personnes qu'il int&#233;resse...) et moins &#171; attach&#233; &#187; (la consommation n'est sans doute pas la fin unique du t&#233;l&#233;chargement). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Les comportements des usagers sont diff&#233;renci&#233;s et pluriels, m&#233;langeant des formes de comportements gr&#233;gaires visant des consommations majoritaires, dominantes (comme en t&#233;moignent les outils de classement de popularit&#233; propos&#233;s par les logiciels de P2P) avec des usages sp&#233;cifiques, communautaires, identitaires (dont t&#233;moignent les espaces d'&#233;changes ultra-sp&#233;cialis&#233;s).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La composante communautaire des &#233;changes en P2P est centrale, elle doit donc &#234;tre prise en compte par les r&#233;gulateurs. Des travaux de recherche s'imposent sur les usages du P2P, leur format coop&#233;ratif, en partant non des seuls contenus, mais aussi des plates-formes techniques, des formats d'&#233;changes, des types d'usagers. Plus globalement, on peut dire que toute r&#233;gulation du P2P qui s'arr&#234;terait &#224; une affaire de propri&#233;t&#233; intellectuelle, ou, pire, &#224; sa p&#233;nalisation, raterait l'&#233;volution plus g&#233;n&#233;rale de l'industrie des contenus, qui voit l'&#233;clatement des march&#233;s et leur complexification, une segmentation de plus en plus fine avec multiplication des genres, des labels, des cibles... Cela pourrait s'analyser comme une forme de substitution dans les consommations : effondrement de certains pans de march&#233; (le disque) et apparition ou explosion d'autres (comme les march&#233;s de l'occasion). De nouveaux mod&#232;les restent &#224; explorer, qui prennent en compte les sp&#233;cificit&#233;s des usages, mais proposent aussi de nouvelles options, des services enrichis, des formats de consommation diff&#233;renci&#233;s, tout en respectant les int&#233;r&#234;ts l&#233;gitimes des diff&#233;rentes parties.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'enseignement qu'un petit recul historique sur la question permet de tirer est que la r&#233;ponse ne pourra &#234;tre toute technologique ni toute judiciaire. Elle articulera ces deux aspects avec une dimension d'innovation en termes de mod&#232;les &#233;conomiques et d'offre de biens et de services. L'&#233;conomie du secteur sera red&#233;finie, et son droit avec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De leur c&#244;t&#233;, les activit&#233;s d'ench&#232;re en ligne ne font pas l'objet d'attention particuli&#232;re de la part des pouvoirs publics, du fait de l'absence actuelle de controverses saillantes ou de conflits marquants, ainsi que d'un contexte &#233;conomique prosp&#232;re. On s'attendrait pourtant &#224; ce que soient &#233;claircies les questions de respect des droits des consommateurs et de protection des donn&#233;es personnelles. Le mod&#232;le dominant du leader du march&#233; ne doit pas cacher la diversit&#233; des traitements. L&#224; encore, des &#233;tudes de cas s'imposent, qui passent par une exploration des diff&#233;rentes plates-formes de commerce en ligne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_138 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:99px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.voxinternet.fr/local/cache-vignettes/L99xH33_logo_CC-37-509db.gif' width='99' height='33' alt=&quot;&quot; style='height:33px;width:99px;' class='' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; *&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.voxinternet.fr/#nh1&quot; name=&quot;nb1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Il faut souligner que la synth&#232;se pr&#233;sent&#233;e ici rel&#232;ve de la seule responsabilit&#233; de l'organisatrice de la s&#233;ance.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.voxinternet.fr/#nh2&quot; name=&quot;nb2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] La litt&#233;rature sur les ench&#232;res en ligne a donn&#233; lieu &#224; une production tr&#232;s importante, en particulier chez les &#233;conomistes. Voir par exemple les travaux de David Lucking-Reiley, (pr&#233;sentation d&#233;taill&#233;e des ench&#232;res par internet in &#171; Auctions on the internet : what's being auctioned and how ? &#187;, The Journal of Industrial Economics, 2000, XLVIII, 3, pp 227-252).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.voxinternet.fr/#nh3&quot; name=&quot;nb3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Cf en annexe du rapport la contribution de Fabrice Rochelandet &#171; Le droit d'auteur est-il compatible avec l'&#233;conomie num&#233;rique ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.voxinternet.fr/#nh4&quot; name=&quot;nb4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] La bibliographie est tr&#232;s ample ; citons, parmi d'autres des pi&#232;ces du d&#233;bat r&#233;cent qui s'est d&#233;roul&#233; en France : le rapport d'Olivier Bomsel (avec la collaboration de Charbonnel J&#233;r&#233;mie, Le Blanc Gilles et Zakaria Abakar), &#171; Enjeux &#233;conomiques de contenu &#187; ; &#201;tude r&#233;alis&#233;e dans le cadre du projet &quot;Contango&quot;, financ&#233; par le RIAM et pilot&#233; par le CNC, Cerna, 2004 (http://www.cerna.ensmp.fr/prog/fr01_publication.html) ; les commentaires en r&#233;ponse de Marc Bourreau, Michel Gensollen, Laurent Gille et Nicolas Curien, rapport&#233;s &#224; l'adresse www.fing.org/index.php ?num=4864,2 ; on peut &#233;galement citer La Soci&#233;t&#233; de l'information, rapport du Conseil d'analyse &#233;conomique, Nicolas Curien et Pierre-Alain Muet, La Documentation fran&#231;aise, Paris, 2004 (http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/044000180.shtml), les commentaires d'Elie Cohen faisant suite au rapport, et un article de Pierre-No&#235;l Giraud publi&#233; dans Le Monde, &#171; Un spectre hante le capitalisme, la gratuit&#233; &#187;, 6 mai 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Users and consumers on the Internet: redefining supply and demand?</title>
		<link>http://www.voxinternet.fr/spip.php?article19</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.voxinternet.fr/spip.php?article19</guid>
		<dc:date>2005-06-23T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Cecile MEADEL</dc:creator>

<category domain="http://www.voxinternet.fr/spip.php?rubrique3">Usages et consommations sur l'internet</category>

		<dc:subject>Article scientifique</dc:subject>

		<description>How does the Internet redefine, or is it capable of redefining the relations between supply and demand, user and service, within a commercial or non-commercial framework? The question here is to test the hypothesis that certain Internet systems lead or can lead to a modification in the way that the relations between supply and demand are established, from the earliest phases of design of these systems through the eventual use of an object or a service. &lt;br /&gt;To answer these two questions, two (...)


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&lt;a href="http://www.voxinternet.fr/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Usages et consommations sur l'internet&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.voxinternet.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Article scientifique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;How does the Internet redefine, or is it capable of redefining the relations between supply and demand, user and service, within a commercial or non-commercial framework? The question here is to test the hypothesis that certain Internet systems lead or can lead to a modification in the way that the relations between supply and demand are established, from the earliest phases of design of these systems through the eventual use of an object or a service.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;To answer these two questions, two field studies were chosen; these are two innovative applications from a technical point of view, one not belonging to the commercial sector and the other yes: peer-to-peer (P2P) and online auctions, focusing in particular on the highly developed case of the services proposed by the leader in this domain, eBay. The two systems define themselves as intermediaries because their objective is to bring the supplier and the demander together, without getting involved in questions of content. The entire system is supposed to organize the meeting between the two parties and optimize their satisfaction. Hence these are intermediaries that do indeed modify the traditional chain of the circulation of goods and services, or even their production, by shortening it in some cases, or lengthening it sometimes. This circuit of goods and services is modified following completion of a large work of interface design that, in return, modifies the identity of the products exchanged: the goods no longer have any predefined price and are valued according to the desire of the other users of the service. The contents are defined by the quality of the users' connections, the number of people downloading simultaneously, the critiques that come with the content, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;This modification in the chain of intermediaries can allow individualized relationships between the supplier and the demander to develop by leaving a wide autonomy to both parties. On this subject, we will notice the inadequacy of the notion of interactivity insofar as this notion refers to systems where the returns on demand are largely defined by the needs of the supply. On the contrary, for certain Internet applications, and especially the two applications studied here in detail, we see a veritable co-construction of the exchange.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The two systems have in common a narrow capacity of following what their users or clients propose, the capacity of technology and the modification in the different actors' competences; developing the services proposed by transforming them; reaching a very wide audience. Both are part of a highly equipped universe, where they are in competition with established systems, the recording industry on one hand, auction houses and merchants on the other. Of course, one does spark a debate that has only helped the other to flourish, since the professionals specialized in second-hand goods have now become active users of these online sales venues, whereas for the time being the major recording labels are merely using the legal system to fight against P2P.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The question of price alone would not be enough to make these two applications impossible to compare: economists have showed for a long time that auctions are not strictly guided by prices and that a number of elements have an effect on the transaction. As for P2P, the hypothesis can also be made that the transactions do not take place only because they are free. Its users do not exhibit purely opportunistic behavior, as economists define it; the monetary value of the good is not the only thing at stake. They are susceptible to the form of communication used: the exchange.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The two systems function using sophisticated applications that are constantly being transformed, following a model of use that is nevertheless very simple and accessible. These systems are extremely simple insofar as they allow very different kinds of users to take part: from the expert, skilled at mastering all the complexities of the exchange, down to the ignoramus who just wants to sell something without knowing anything about the platform or how the exchange is organized. Thus there are two &quot;markets&quot; that function and format their supply by very close interaction with the demand, each with its role of mediator, but the process is different: eBay exists only through its mediation interface, whereas P2P develops by removing the intermediaries, emphasizing only the exchange platforms.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Without going further in comparing a company that has grown to international status and a technological system designed collaboratively, decentralized, non-appropriable and made available in a series of different platforms, we will nevertheless make the hypothesis that, by deciding to present these two very distinct services together, certain questions can be asked to each of them, and these questions would allow the stakes of the mutation of uses on the Internet to be explored more deeply:&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On the systems that allow supply and demand to be adapted: How does the intermediary collect information on use and consumption, and what forms does this information take?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On the formats of possible uses: Which models of consumers/users and which types of learning are called for? Which possibilities are open, what are the rigid points of the system, can these systems be misappropriated? What implicit competences are expected or necessary?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On the forms of distribution and advertising of the systems: How do these systems win over new consumers/users? How is confidence in the intermediary built? With what type of contract (implicit or explicit)?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On the possibilities for controlling or regulating these activities, via the technical architecture, the acquired or established uses, the law, the economy, etc.: How are conflicts resolved? Is there intervention by a third party and if so, in what cases?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Of course, a single seminar session was not enough to sketch an answer to these questions, but it did in part shift or deepen them. [&lt;a href=&quot;http://www.voxinternet.fr/#nb1-1&quot; name=&quot;nh1-1&quot; id=&quot;nh1-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] It must be emphasized that the summary presented here is the sole (...)' &gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Two guest speakers introduced the discussion:&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fabienne Weibel, lawyer and member of the eBay legal team;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fabrice Rochelandet, assistant professor of economics at University of Paris XI-Orsay, member of the ADIS laboratory (Analyzes of social and industrial dynamics).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Online auctions with eBay&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Description&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;In France, eBay opened in September 2000 and today employs forty people. [&lt;a href=&quot;http://www.voxinternet.fr/#nb1-2&quot; name=&quot;nh1-2&quot; id=&quot;nh1-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Literature on online auctions is abundant, especially in the field of (...)' &gt;2&lt;/a&gt;] There are currently 114 million users in the world and 3.5 million &quot;unique visitors &quot; per month in France, equal to 18.5% of the households with Internet access. eBay does not intervene in the transactions and does not participate in the payment process; everything takes place between the buyer and seller. eBay supervises the transaction through a set of rules or incentives (for example, photos of objects are often requested, the confidence system, insurance on small purchases, automated bidding, etc.); the intermediary aims at guaranteeing its growth by increasing the reliability of the service through a series of guides: the User Agreement (which mentions the applicable legislation and rules according to the type of object), guides for learning how to buy and sell effectively. The company specifies that it is not an auction house; it does not verify the authenticity of the goods, nor does it intervene in fixing the prices. On the other hand, eBay charges a Final Value Fee, or commission, on each transaction.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;eBay's strategic resource is its community of buyers and sellers, because this is the very basis for its activity (and for the web site); the auction site must both reach sufficient critical mass in terms of the number of objects being sold and attract enough potential buyers so that sellers will continue to supply the site with items. A wide range of techniques, promotional tools, advertising tools, etc., is deployed to assist the &quot;community&quot; and purposely mixes together buyers and sellers, in order to help this community to live and grow:&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;An eBay &quot;university&quot; that allows buyers and sellers to meet;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Discussion Boards to follow current events in the community;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The possibility of corresponding with any member of the community (for example, to ask a seller's past clients if they had any problems with him);&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A Feedback Forum where each member, whether a buyer or a seller, both gives and receives feedback;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A client service that allows users to point out any problems (a system resembling Community Watch) and a protection program for buyers that reimburses them for small transactions (under 200 euros, or about $250) in case of problems, which encourages the parties to complete their transaction via the web site (beyond this sum, the parties are urged to use an e-solicitor service, which is not specific to eBay);&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A Resolution Center dedicated to solving disagreements and encouraging mediation &quot;to make communication between buyers and sellers easier&quot;;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The Verified Rights Owner program, or VeRO, for copyright holders who believe that an ad violates their rights;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;eBay makes money from the seller, who pays both insertion fees and a commission on the transaction, if the object is sold. These fees depend on the value (initial and final) of the object and its category. &quot;Professionals&quot; (those who also sell off-line) do not have any additional special fees to pay.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The online auction service is typically a matter of confidence: how can you believe that the person who bought your object with a simple mouse click and who is only known by an email address will stick to his commitment and send the payment? Conversely, how can you agree to send a check to an unknown seller who assures you that, once he has received the money, he will send you the object? The two parties' positions are not symmetrical: the risk run by the seller is only an opportunity risk, whereas the buyer risks losing money. Thus the guarantees provided on sides are also asymmetrical: the seller must be registered with eBay, which verifies his identity and physical address, whereas the buyer only provides an email address. Therefore, the service itself is indeed what produces the confidence and guarantees the exchange.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Control is ensured by each trading partner's reputation, which is in the hands of the community - in other words, in the hands of each buyer or seller who has dealt with him. Therefore, the Feedback Score of a particular trading partner is so important that some people hesitate to trade with users who have no Feedback Score, asking them to offer additional guarantees (likewise, those who have only conducted a few transactions are reputed to be less reliable). Complaints about bad behavior lower the score of that particular user, which can have damaging effects for his future transactions. He has the right to respond, and this response will be displayed underneath the negative opinion, but he still may suffer consequences. On the contrary, users leave a written trace of their complaints and could also be designated as &quot;risky trading partners&quot; if they have numerous negative or contested judgments. Each user's history can thus be retraced by anyone using the service: what he has bought, what he has sold, the feedback he has given and received.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Questions on this model:&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The company's temporary or indefinite suspension of a user (for example, after the protection program has been implemented) raises questions of respect for consumer rights: Who guarantees these rights? What are the possible forms of recourse? What visibility does the consumer have on the system of progressive forms of punishment the company has established? Even scoring among users can be questioned.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The intermediary company falls under the status of a hoster for classified advertisements and is not subject to commercial law. Is this status of hoster adequate for performing this activity on the Internet?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Peer-to-peer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The stakes&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Economists' interest in peer-to-peer goes back to the lawsuit filed against Napster, which pushed them to think about piracy, copyright violations, and threats to intellectual property. Then, other reflections raised even more interesting questions on the economy of networks. The stakes are three-fold:&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Explain how P2P works: Beyond the numerous technical systems, how can these networks be characterized?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Can viable economic models be designed? Two problems are emerging. The first, unique to how P2P networks function, is perhaps in the process of being resolved: How can &quot;free riding&quot; and other non-cooperative behavior be eliminated? The second, more structural, concerns the economic effects on the content industry: Is eliminating these practices desirable? Does this use - piracy - in fact play a determinant role in the distribution crisis facing the major labels today?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;How should optimal regulation be designed? Should intellectual property rights be reinforced? What is the role of ISPs [&lt;a href=&quot;http://www.voxinternet.fr/#nb1-3&quot; name=&quot;nh1-3&quot; id=&quot;nh1-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] Internet Service Providers' &gt;3&lt;/a&gt;]? Are usage taxes, parafiscal taxes, etc., needed?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Some characteristics of peer-to-peer networks&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;P2P existed well before Napster: since 1981, in fact, and the creation of Usenet. This system is widely anchored in the mindset of computer scientists. The technique shot ahead in 1999 with the success of Napster, which in one year went from thirty users to 25 million.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;In their current forms, the networks constitute a technology system enabling a community of users to share not only digital products, but also other resources such as data processing capability or digital storage space. P2P is not a client/server model, but rather a number of applications that enable exchanges between interconnected machines. The networks can be differentiated according to two criteria:&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The type of resources being shared: These can be copyrighted works but also data processing capabilities, professional information (NextPage), long-distance project collaboration, anti-spam systems (which allow spam to be neutralized rather quickly), data storage or archiving, legal content distribution, etc.; in short, very diversified applications;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Their architecture: With or without a central server; proprietary software (like Kazaa) or open-source (eDonkey); models allowing opportunistic behavior or requiring voluntary participation by everyone; stored contents or, more and more common, circulating content, which poses even more problems with respect to intellectual property. This is a field with a high rate of innovation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The cost of P2P is not equally divided. Some professional users may find it worthwhile because they save on bandwidth by passing the transmission costs on to their users. At the same time, P2P represents a substantial cost for others, in particular for ISPs and operators whose bandwidth is both blocked and in an inefficient way (traffic is unpredictable). Copyright holders also claim that P2P is costly for them. The benefits can be direct or indirect.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Several questions are broached:&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8226; What is the nature of the goods circulating via P2P?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;P2P cannot be assimilated to a collective service for two reasons. On one hand, a user can be excluded from it. On the other hand, the roles of supplier and demander are mixed.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8226; How can uncooperative behavior among users be managed?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Transfers between users are not monetary and the resources used are immaterial and temporal. Users are not faced with any budgetary restrictions, but rather with the maximum time they wish to dedicate to the network. The behavior of those who never contribute makes the network less worthwhile, slows downloads and could have dangerous &quot;disincentive&quot; effects on the network's other members. This &quot;free-riding&quot; is not a small proportion (on Gnutella, it has been calculated that 70% of all users only consume resources without contributing anything); the free-rider has access to all the resources without supporting the costs (i.e., the highly unlikely risk of being caught). How can this uncooperative behavior be eliminated? In theory, pricing systems or reputation-based models can be devised to tax the polluters (the individuals have a score, the higher their score, the more they can download).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8226; How can the users' cooperation be explained, since the probability of being caught free-riding is low or even null?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;In fact, cooperation can be rational: if it is in one's interest that this technology grows, when the shared cost is quite low (for example, at the workplace), or if one shares the community's values, especially P2P's values of cooperation. Cooperation can be differentiated, with some who always cooperate and others, more opportunistic, who only contribute when they wish to benefit from the system.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8226; Lastly, how can the legitimate interests of copyright holders and the users' interests be reconciled?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Copyright holders may also have some interest in P2P's survival. But how can collective systems be built on a private basis? P2P could also be conceived as a way to promote entertainment.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;These questions must also be asked with respect to the development of the physical communications networks. These networks, in the hands of telecommunications operators, already favor certain kinds of uses, and in particular asymmetric exchanges, which use less bandwidth, are less complex and more easily controlled. However, the distribution of bandwidth is not (or will probably be less and less) a scarce resource and the regulations considered must take into account the extraordinarily rapid evolution of network capacity.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;In conclusion, we see that P2P casts doubt upon the chain of intermediaries and therefore the building of markets in all their components. We are forced to recognize that to date, no consensus has been found concerning the diagnosis or the means that should be deployed. This is equally true in the practical field as in the field of economics. [&lt;a href=&quot;http://www.voxinternet.fr/#nb1-4&quot; name=&quot;nh1-4&quot; id=&quot;nh1-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] The bibliography is vast; we would cite, among others, elements on the (...)' &gt;4&lt;/a&gt;] Lawsuits signal the failure of earlier attempts at regulation. Rather significantly, in the current indecisiveness the public powers are falling back on rather weak instruments such as pedagogy (explaining to schoolchildren that downloading is wrong; it is easy to see why ISPs turn this suggestion to their advantage) or advertising (with testimonials by a few artists).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;What routes should be explored in terms of regulating P2P?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;One solution would be prohibition. This is not very realistic, if only because of the number of people involved and the lack of consensus on the question, but should nevertheless be mentioned as the extreme position promulgated by certain parties. It would mean deploying a series of legal and technical restrictions aimed at dismantling this exchange model. A policy of prohibition would aim to marginalize P2P by associating it with criminal behavior. This is the purpose of the lawsuits filed by the recording industry in early 2005.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Other means have been envisaged:&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;An upload tax. Aside from the problems of legality and deployment, this tax seems rather unsuited to the architecture of exchanges on the Internet; such a proposal is mostly interesting due to its strategic character, insofar as it has allowed the different parties to express their viewpoints;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Compensation through taxation. The French Government was considering taxing the revenues of ISPs. This tax would be passed on to subscribers. But what is the legality of such a tax that associates P2P with pollution?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Compensation models based on a give-and-take system. The artists make a gift in kind and, in return, users decide on the payment that they are willing to offer (this model has worked in the case of open-source software that grew from voluntary and free exchanges);&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Laissez-faire. Applying a quasi-Darwinist approach, it would be considered that we are in a period of destructive innovation. If the intermediary role played by the major labels is no longer suitable, these labels will become extinct. Or they will be forced to innovate. The State should not get involved; it should not support them artificially through subsidies if they are not suited to their environment. Numerous evolutions are considered: repositioning the major labels on other cultural goods, transforming the production chain, a shortage of mass contents or the production of small series suited to niche markets, enriching the products, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Subsidies. In this case, should the public policies exert their influence on the Internet or on the content producers?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;New applications that would reshuffle the cards by offering new billable services?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;A few lessons to draw from the debates&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;If we focus on the possibility of regulating through the courts, what is the legality of a law that contradicts behavioral norms? Whether we make the hypothesis that Internet pirates are aware of the unethical nature of their acts or whether we suppose a certain ignorance on their part changes nothing in the fact that such a wide-spread practice cannot simply be restricted by a technical system or a legal text if the reality of the phenomenon is neglected. The situations differ according to the country, the conception of copyrights, the media coverage given to the problem by record producers, the availability of broadband and the courts' jurisprudence... Users' behavior should not be seen as purely opportunistic; P2P offers them a means to go beyond the purchasing and consumption of cultural goods. These users build a more fluid relationship with the cultural good (the product is defined by the circulation that affects and characterizes it - its source, the hands it passes through, the number of people interested in it...) that is also less &quot;object-oriented&quot; (consumption is certainly not the unique end to downloading). Users' behavior is differentiated and plural, mixing herd behavior that targets mass consumption and dominance (as demonstrated by the ranking tools proposed by P2P software) with specific community or individualistic uses (demonstrated by highly specialized exchange platforms).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The community component of P2P exchanges is central and therefore must be taken into account by regulators. Research work is needed on the uses of P2P and on their cooperative format, based not only on the content, but also on the technical platforms, the exchange formats and the types of users. More globally, it can be said that any regulation of P2P that stops with intellectual property rights or, worse, penalizes P2P users, would miss the more general evolution of the content industry, which is faced with the splintering of markets and their growing complexity, greater and greater segmentation with a multiplication of genres, labels, targets, etc. This could be analyzed as a form of substitution in consumption: the collapse of certain markets segments (records) and the appearance or explosion of others (such as the second-hand market). There still remain to be explored new markets that take into account the specifics of uses, but that also propose new options, enriched services, differentiated formats of consumption, while respecting the legitimate interests of the different parties.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The lesson that can be drawn from a brief look at history is that the answer cannot be fully technological or fully judicial. Instead, the answer will structure these two aspects with a dimension of innovation in terms of economic models and the supply of goods and services. The economy of the sector will be redefined, along with its legal aspects.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;For their part, the online auction activities are not attracting any particular attention from the public policies due to the current absence of controversy or marked conflict, along with a prosperous economic context. We would nevertheless expect that the questions of consumers' rights and the protection of personal privacy would both be clarified. The dominant model of the market leader should not obscure the variety of situations. Again, case studies need to be carried out, focusing on an exploration of the different online sales platforms.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_139 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:99px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.voxinternet.fr/local/cache-vignettes/L99xH33_logo_CC-38-698fd.gif' width='99' height='33' alt=&quot;&quot; style='height:33px;width:99px;' class='' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.voxinternet.fr/#nh1-1&quot; name=&quot;nb1-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Footnotes 1-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] It must be emphasized that the summary presented here is the sole responsibility of the session's organizer.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.voxinternet.fr/#nh1-2&quot; name=&quot;nb1-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Footnotes 1-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Literature on online auctions is abundant, especially in the field of economics. For example, see the works of David Lucking-Reiley, &quot;Auctions on the internet: what's being auctioned and how?&quot;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The Journal of Industrial Economics&lt;/i&gt;, 2000, XLVIII, 3, pp. 227-52.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.voxinternet.fr/#nh1-3&quot; name=&quot;nb1-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Footnotes 1-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Internet Service Providers&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.voxinternet.fr/#nh1-4&quot; name=&quot;nb1-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Footnotes 1-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] The bibliography is vast; we would cite, among others, elements on the recent debate that took place in France: Olivier Bomsel's report (with collaboration from J&#233;r&#233;mie Charbonnel, Gilles Le Blanc and Abakar Zakaria) entitled &quot;Enjeux &#233;conomiques de contenu&quot;; Study conducted as part of the &quot;Contango&quot; project, funded by the RIAM and piloted by the CNC, Cerna, 2004 (http://www.cerna.ensmp.fr/prog/fr01_publication.html); the response of Marc Bourreau, Michel Gensollen, Laurent Gille and Nicolas Curien, published on www.fing.org/index.php?num=4864,2; we could also cite &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Soci&#233;t&#233; de l'information&lt;/i&gt;, a report by the Conseil d'analyse &#233;conomique, Nicolas Curien and Pierre-Alain Muet, La Documentation fran&#231;aise, Paris, 2004 (http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/044000180.shtml), Elie Cohen's comments following this report, and an article by Pierre-No&#235;l Giraud published in &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, &quot;Un spectre hante le capitalisme, la gratuit&#233;&quot;, 6 May 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Le droit d'auteur est-il compatible avec l'&#233;conomie num&#233;rique ?</title>
		<link>http://www.voxinternet.fr/spip.php?article15</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.voxinternet.fr/spip.php?article15</guid>
		<dc:date>2005-06-21T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fabrice ROCHELANDET</dc:creator>

<category domain="http://www.voxinternet.fr/spip.php?rubrique3">Usages et consommations sur l'internet</category>

		<dc:subject>Article scientifique</dc:subject>

		<description>Le droit d'auteur est aujourd'hui suspect&#233; de bloquer l'innovation et la cr&#233;ativit&#233;, alors m&#234;me que les technologies num&#233;riques et Internet offrent de nombreuses possibilit&#233;s de cr&#233;ation, de valorisation et d'acc&#232;s &#224; la culture et &#224; la connaissance. Si ce genre de discours &#224; l'encontre du droit d'auteur n'est pas nouveau en soi, en revanche, les alternatives propos&#233;es sont souvent in&#233;dites. Cependant, la plupart d'entre elles posent probl&#232;me quant &#224; leur viabilit&#233; et aux risques qu'elles (...)

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&lt;a href="http://www.voxinternet.fr/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Usages et consommations sur l'internet&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.voxinternet.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Article scientifique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le droit d'auteur est aujourd'hui suspect&#233; de bloquer l'innovation et la cr&#233;ativit&#233;, alors m&#234;me que les technologies num&#233;riques et Internet offrent de nombreuses possibilit&#233;s de cr&#233;ation, de valorisation et d'acc&#232;s &#224; la culture et &#224; la connaissance. Si ce genre de discours &#224; l'encontre du droit d'auteur n'est pas nouveau en soi, en revanche, les alternatives propos&#233;es sont souvent in&#233;dites. Cependant, la plupart d'entre elles posent probl&#232;me quant &#224; leur viabilit&#233; et aux risques qu'elles font peser sur la dynamique de la cr&#233;ation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le droit d'auteur, entre protection et acc&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme tout droit de propri&#233;t&#233;, le droit d'auteur permet &#224; son b&#233;n&#233;ficiaire d'exclure les utilisateurs de l'exploitation des oeuvres ainsi prot&#233;g&#233;es. D&#232;s lors, en dehors de quelques exceptions pr&#233;vues par la loi, quiconque d&#233;sire utiliser un contenu prot&#233;g&#233; doit obtenir l'accord des ayants droit et, le cas &#233;ch&#233;ant, passer contrat avec eux et les r&#233;mun&#233;rer selon divers arrangements institutionnels.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux types de justifications &#224; ce monopole l&#233;gal ont &#233;t&#233; propos&#233;es. Les premi&#232;res, essentialistes, mettent en avant les droits naturels des auteurs &#224; poss&#233;der le fruit de leur travail (th&#233;orie lock&#233;enne), la protection de l'oeuvre en tant qu'extension de la personnalit&#233; (th&#233;orie kantienne) ou encore l'id&#233;e de r&#233;compense sociale pour leur contribution &#224; la culture de la nation (externalit&#233; positive). Les secondes justifications, utilitaristes et sous-tendant la conception du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;copyright&lt;/i&gt;, mettent en avant la nature incitative du droit d'auteur dans la production d'oeuvres nouvelles. La plupart des mod&#232;les visant &#224; l&#233;gitimer de la sorte le droit d'auteur tentent de prouver son impact positif sur le bien-&#234;tre social.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Selon la conception utilitariste, en l'absence de droit d'auteur, les producteurs d'oeuvres investiraient moins de temps, de cr&#233;ativit&#233; et d'argent &#224; leur activit&#233; au d&#233;triment des int&#233;r&#234;ts des utilisateurs finals et interm&#233;diaires (producteurs d'oeuvres d&#233;riv&#233;es, diffuseurs,...). En effet, la nature non-rivale des biens prot&#233;geables par le droit d'auteur, ainsi que les co&#251;ts fixes de production souvent tr&#232;s &#233;lev&#233;s et irr&#233;cup&#233;rables, mettraient les producteurs originaux en mauvaise posture face aux copieurs. &#192; commencer par les copieurs commerciaux b&#233;n&#233;ficiant &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;de facto&lt;/i&gt;de co&#251;ts de reproduction relativement faibles et de la possibilit&#233; d'&#233;cr&#233;mer le march&#233; en s&#233;lectionnant uniquement les oeuvres &#224; succ&#232;s. Le niveau et la diversit&#233; de l'offre seraient fortement r&#233;duits. Le droit d'auteur est alors con&#231;u comme un dispositif institutionnel permettant de r&#233;duire ces d&#233;faillances de march&#233; latentes par le recours &#224; des proc&#233;dures judiciaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce ph&#233;nom&#232;ne serait actuellement amplifi&#233; avec les TIC qui r&#233;duisent consid&#233;rablement les co&#251;ts de reproduction et de distribution, et sym&#233;triquement, accroissent consid&#233;rablement les co&#251;ts de mise en oeuvre du droit d'auteur, voire r&#233;duisent &#224; n&#233;ant l'effectivit&#233; des dispositifs d'exclusion. Pour contrer ce ph&#233;nom&#232;ne, les producteurs de contenus les plus menac&#233;s, en l'occurrence les majors du cin&#233;ma et du disque, tentent de d&#233;velopper des technologies anti-copiage et de tra&#231;age &#233;lectronique, en m&#234;me temps qu'elles engagent des actions politiques et juridiques pour durcir la l&#233;gislation et son application.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Face aux justifications utilitaristes et &#224; ce comportement des majors, diff&#233;rentes critiques et alternatives au droit d'auteur ont &#233;t&#233; formul&#233;es. Un premier d&#233;bat se focalise sur le monopole engendr&#233; par le droit d'auteur et notamment l'arbitrage &#224; trouver entre protection des investissements et acc&#232;s aux contenus prot&#233;g&#233;s. Si certains (Novos et Waldman, 1984, Landes et Posner, 1989) d&#233;finissent les conditions sous lesquelles le droit d'auteur permet d'obtenir un compromis social judicieux, d'autres (Plant, 1934, Hurt et Schuchman, 1966, Breyer, 1970) formulent l'essentiel des arguments utilis&#233;s jusqu'&#224; pr&#233;sent &#224; l'encontre du droit d'auteur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La critique la plus fr&#233;quente met en avant la rente de monopole dont disposent les producteurs gr&#226;ce au droit d'auteur. Ce monopole qualifi&#233; d'&#171; ill&#233;gitime &#187; (Palmer, 1989) est suppos&#233; les amener &#224; limiter la quantit&#233; offerte de contenus par titre afin de justifier des prix unitaires plus &#233;lev&#233;s et donc b&#233;n&#233;ficier de profits plus &#233;lev&#233;s. Parall&#232;lement, ces rentes produiraient un biais de surdiversit&#233;, en attirant un nombre &#171; trop &#187; &#233;lev&#233; d'offreurs sur ces march&#233;s. Trop de ressources seraient consacr&#233;es &#224; la production de titres nouveaux au d&#233;triment du nombre d'exemplaires tir&#233;es et donc de la diss&#233;mination des oeuvres aupr&#232;s du public.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Allant au-del&#224; de l'id&#233;e d'une tarification monopolistique source d'inefficiences, certains, tels Breyer et Palmer, mettent en avant d'autres co&#251;ts sociaux engendr&#233;s par cette r&#233;glementation. Elle serait un frein &#224; la cr&#233;ativit&#233; et &#224; l'innovation, et ce d'autant plus qu'elle g&#233;n&#232;re des co&#251;ts tr&#232;s &#233;lev&#233;s &#224; la fois en mati&#232;re d'information, de cession des droits et de mise en oeuvre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le droit d'auteur, une entrave au d&#233;veloppement du num&#233;rique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'une de ces critiques est fr&#233;quemment reprise &#224; l'heure du num&#233;rique : le droit d'auteur permettrait des strat&#233;gies de pr&#233;emption (hold-up) qui bloqueraient le r&#233;gime cumulatif de la production culturelle. Les auteurs ajoutent souvent leurs propres expressions et id&#233;es &#224; partir d'oeuvres d&#233;j&#224; existantes (par exemple, les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;remakes&lt;/i&gt; ou les r&#233;utilisations de musiques existantes). Par cons&#233;quent, octroyer un monopole l&#233;gal augmenterait sensiblement le co&#251;t des futures cr&#233;ations d&#233;riv&#233;es en obligeant les futurs auteurs &#224; acqu&#233;rir les droits portant sur les oeuvres pr&#233;existantes dont ils ont besoin pour cr&#233;er. Ce serait l&#224; une des raisons &#224; la taille r&#233;duite du march&#233; des oeuvres multim&#233;dia.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au niveau de l'innovation, leurs pr&#233;rogatives juridiques permettraient aux producteurs de contenus tr&#232;s demand&#233;s de capter les march&#233;s potentiels associ&#233;s aux nouveaux modes d'utilisation des contenus, alors m&#234;me qu'ils n'en sont que rarement &#224; l'origine. Leurs strat&#233;gies ralentiraient donc fortement l'innovation (les nouveaux modes de valorisation). L'exemple de Napster est tr&#232;s illustratif. Les proc&#232;s engag&#233;s par les majors du disque &#224; son encontre ont &#233;t&#233; eux-m&#234;mes accus&#233;s d'&#234;tre responsables du &#171; retard &#187; du march&#233; du t&#233;l&#233;chargement musical. La diffusion d'une innovation dans la sph&#232;re marchande aurait ainsi &#233;t&#233; bloqu&#233;e par le droit d'auteur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour autant, contrairement au brevet, le droit d'auteur ne prot&#232;ge pas les id&#233;es (par exemple, Lucr&#232;ce Borgia chez les gangsters ou emballer un monument), mais uniquement les expressions prises par les id&#233;es (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Scarface&lt;/i&gt; de Hawks et le Pont-Neuf selon Cristo). Cette restriction l&#233;gale, &#224; laquelle il faut ajouter les droits de citation, de parodie et de copie priv&#233;e, autorise beaucoup plus d'innovation et de cr&#233;ativit&#233; que ne le voudraient les adversaires du droit d'auteur. La structure de march&#233; caract&#233;risant les march&#233;s de biens culturels serait alors plus proche de la concurrence monopolistique, des substituts proches pouvant toujours concurrencer une oeuvre donn&#233;e. De plus, la position dominante de certains producteurs s'explique davantage par l'exclusivit&#233; contractuelle qui les lient au vedettariat ou leur capacit&#233; &#224; mobiliser des fonds pour financer des co&#251;ts de promotion exponentiels. Plus g&#233;n&#233;ralement, d'autres arrangements comme les licences obligatoires peuvent faciliter la mise en oeuvre du droit d'auteur dans un sens plus favorable aux utilisateurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un argument plus percutant &#224; l'encontre du droit d'auteur met en rapport ses co&#251;ts de mise en oeuvre et la possibilit&#233; d'alternatives moins co&#251;teuses pour la soci&#233;t&#233;. Les agents supportent des co&#251;ts d'information (recherche des ayants droit, des utilisations non autoris&#233;es,...), d'&#233;valuation, de n&#233;gociation, d'administration des droits et des contrats, de protection et de proc&#233;dures judiciaires. Pour autant, ni le niveau de ces co&#251;ts, ni le fait qu'ils puissent ralentir le rythme de l'innovation ne sont des arguments valables pour abolir les droits d'auteur, sans finalement avoir &#224; supprimer toute propri&#233;t&#233; d&#232;s lors qu'elle g&#233;n&#232;re des co&#251;ts de transaction trop &#233;lev&#233;s. En fait, les adversaires du droit d'auteur cherchent plut&#244;t &#224; prouver l'inutilit&#233; du droit d'auteur en montrant que des alternatives viables et moins co&#251;teuses peuvent &#234;tre impl&#233;ment&#233;es. Le num&#233;rique permettrait de les multiplier, d'en renforcer la viabilit&#233; en en r&#233;duisant les co&#251;ts d'adoption.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Quelles alternatives viables au droit d'auteur &#224; l'heure du num&#233;rique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certains esprits &#233;clair&#233;s pr&#244;nent l'abolition pure et simple du droit d'auteur. Des perspectives radicales du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;no copyright&lt;/i&gt; &#224; celle plus aboutie du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;copyleft&lt;/i&gt;, ces positions non marchandes mettent en avant un mod&#232;le coop&#233;ratif d'&#233;changes bas&#233; sur les possibilit&#233;s ouvertes par les TIC pour cr&#233;er et de diffuser la connaissance et o&#249; chacun serait cr&#233;ateur et utilisateur. Ce mod&#232;le serait menac&#233; par le droit d'auteur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour autant, ces perspectives n'expliquent pas vraiment comment les producteurs de livres, de films, de disques et de jeux vid&#233;o peuvent dans une &#233;conomie de march&#233; financer leurs investissements tr&#232;s &#233;lev&#233;s, si ceux-ci ne sont pas prot&#233;g&#233;s par un quelconque m&#233;canisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question majeure est alors de d&#233;terminer des m&#233;canismes alternatifs d'appropriabilit&#233; en l'absence de droit d'auteur. Deux types de solutions marchandes sont propos&#233;es : l'appropriabilit&#233; indirecte via la subvention crois&#233;e et l'appropriabilit&#233; directe s'appuyant sur la protection technologique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Concernant les solutions d'appropriabilit&#233; indirecte (Shapiro et Varian, 1998), la subvention crois&#233;e appara&#238;t comme une alternative &#224; l'application syst&#233;matique du droit d'auteur. Ces solutions commerciales, allant des ventes li&#233;es au mod&#232;le publicitaire, permettraient la cr&#233;ation d'oeuvres et leur diss&#233;mination sur une large &#233;chelle. Elles &#233;viteraient les biais suppos&#233;s des solutions purement publiques (aides publiques aux artistes ou aux &#233;diteurs). D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, ces approches mettent en avant la possibilit&#233; pour les offreurs de contenus d'op&#233;rer une discrimination par les prix particuli&#232;re, faisant payer davantage les utilisateurs dont la disposition &#224; payer est la plus &#233;lev&#233;e et ceux qui sont identifiables au moindre co&#251;t (les annonceurs, les biblioth&#232;ques, voir Liebowitz, 1986). L'existence de biens et de services compl&#233;mentaires permettrait ainsi de faire payer indirectement les consommateurs de contenus (par exemple, jeux vid&#233;o et consoles, musique en ligne et sites de t&#233;l&#233;chargement financ&#233;s par la publicit&#233;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, ces solutions posent une s&#233;rie de probl&#232;mes, &#224; commencer par leurs capacit&#233;s &#224; g&#233;n&#233;rer suffisamment de revenus pour assurer un financement ad&#233;quat face &#224; des co&#251;ts fixes croissant de mani&#232;re inexorable (diff&#233;renciation &#224; outrance par le star system, les effets sp&#233;ciaux dans le cin&#233;ma, la promotion,...). &#192; cela s'ajoutent les dangers pesant sur la libert&#233; de cr&#233;ation, les contournements par les utilisateurs (piraterie), les risques de non-coop&#233;ration entre producteurs de contenus et op&#233;rateurs en ligne (lesquels ont int&#233;r&#234;t &#224; ce que les contenus soient copi&#233;s sur une grande &#233;chelle afin d'accro&#238;tre la valeur de leurs r&#233;seaux ou de leurs services).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Face &#224; ces solutions d'appropriabilit&#233; indirecte, la protection technologique appara&#238;t &#233;galement comme un substitut au droit d'auteur (Friedman, 1996, Dam, 1999), m&#234;me si actuellement elle vise essentiellement &#224; renforcer sa mise en oeuvre. Les TIC op&#232;rent pleinement comme des armes &#224; double tranchant : tout en rendant difficile toute appropriabilit&#233; directe par les &#233;changes &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;peer-to-peer&lt;/i&gt; ou la piraterie, elles favorisent l'&#233;mergence de nouvelles formes d'enclosures num&#233;riques afin de prot&#233;ger les contenus contre toute utilisation non autoris&#233;e par leurs offreurs. Dans cette optique, le num&#233;rique mettrait en p&#233;ril le droit d'auteur qui s'av&#233;rerait superflu face aux technologies de protection num&#233;rique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Vers un monde contractuel parfait ?...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, ces mod&#232;les pr&#233;disent l'av&#232;nement d'un paradigme contractuel dans l'&#233;conomie num&#233;rique. Ainsi, alors que le droit d'auteur entra&#238;ne le sacrifice d'une part de libert&#233; contractuelle (obligations l&#233;gales, exceptions,...) et s'&#233;tend aux tiers, un contrat librement form&#233; ne s'impose qu'aux co-contractants. Avec la diffusion des TIC et la baisse importante des co&#251;ts de transaction qu'elles induiraient, certains &#233;conomistes et juristes (Fisher, 1998, Dommering, 1995) proph&#233;tisent l'av&#232;nement d'un monde de contrats qui remplacerait &#224; terme le droit d'auteur sur les r&#233;seaux num&#233;riques. Les offreurs n&#233;gocieraient directement avec les utilisateurs et la protection des contenus ne se ferait plus par le droit d'auteur mais par des contrats entre agents priv&#233;s gr&#226;ce &#224; des dispositifs techniques d'exclusion qualifi&#233;s de self-help systems.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; la mani&#232;re d'un individu cr&#233;ant un objet mat&#233;riel et d&#233;fendant sa nouvelle propri&#233;t&#233; par divers proc&#233;d&#233;s (coffre-fort,...), le producteur d'une oeuvre prot&#232;ge, par un syst&#232;me logiciel, sa propri&#233;t&#233; contre toute appropriation non autoris&#233;e. Supposons que la protection technologique soit efficace, invuln&#233;rable &#224; chaque maillon de la cha&#238;ne de valorisation, les avantages d'un univers contractuel sont alors nombreux. D'abord, la gestion &#233;lectronique d&#233;centralis&#233;e des contrats permet un contr&#244;le tr&#232;s pouss&#233; des utilisations. Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;self-reporting&lt;/i&gt; - renvoi automatique d'informations &#224; chaque utilisation des contenus sur un r&#233;seau num&#233;rique - autorise ainsi une tra&#231;abilit&#233; &#233;lectronique. Ensuite, une meilleure valorisation est possible : l'offreur attribue un prix diff&#233;rent pour chaque cat&#233;gorie d'utilisateurs et d'utilisations et maximise ses recettes par une discrimination par les prix (Bell, 1998, Meurer, 1997). Enfin, des n&#233;gociations moins co&#251;teuses et plus concurrentielles ont lieu. Les agents s'identifient mutuellement au moindre co&#251;t et, le cas &#233;ch&#233;ant, passent contrat rapidement gr&#226;ce &#224; une uniformisation des instruments contractuels. Non pr&#233;d&#233;termin&#233;s et librement n&#233;goci&#233;s, les contrats seraient alors plus flexibles que le droit d'auteur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, ces solutions purement contractuelles ne semblent pas aussi pertinentes et efficaces que ne le voudraient leurs promoteurs (Merges, 1997, Lemley, 1995). Tout d'abord, elles ne r&#233;solvent en rien les probl&#232;mes li&#233;s aux asym&#233;tries informationnelles et au d&#233;ficit de confiance. Des contrats sp&#233;cifiques sont ainsi le plus souvent n&#233;cessaires, les contenus &#233;tant utilis&#233;s &#224; l'&#233;chelle internationale par des milliers d'utilisateurs interm&#233;diaires et pour des actes extr&#234;mement vari&#233;s. Ensuite, l'absence de registre universel et le risque de ruptures dans la cha&#238;ne des cessions li&#233; &#224; la vuln&#233;rabilit&#233; des protections technologiques sont &#233;galement des facteurs d&#233;favorables. Enfin, la seule libert&#233; contractuelle de l'usager est d'accepter ou de refuser (principe des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;click-to-accept buttons&lt;/i&gt; et des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;shrinkwrap licences&lt;/i&gt;). Finalement, si les TIC diminuent les co&#251;ts de recherche (bases de donn&#233;es de producteurs, d'oeuvres,...), le gain est moins &#233;vident &#224; d&#233;montrer pour les co&#251;ts de n&#233;gociation (clauses contractuelles sp&#233;cifiques,...) et les co&#251;ts ex post (contr&#244;le des engagements, ren&#233;gociation,...). Les r&#233;seaux num&#233;riques amplifient significativement ces risques &#224; travers la rapidit&#233;, l'anonymat et l'ubiquit&#233; des transactions en cascade, ainsi que les probl&#232;mes de compatibilit&#233; de standards.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;... Ou vers un d&#233;s&#233;quilibre &#224; l'avantage des majors ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les producteurs de contenus pourraient d'ailleurs utiliser ces technologies pour renforcer leurs positions dominantes : la protection peut s'&#233;tendre &#224; des contenus dont la dur&#233;e de protection par le droit d'auteur a expir&#233; ou qui rel&#232;vent d'exceptions au droit d'auteur, de m&#234;me qu'elle peut servir &#224; verrouiller la distribution de contenus en cr&#233;ant des bases install&#233;es d'utilisateurs (Farchy et Rochelandet, 2002). Le mod&#232;le newtonien de la discrimination contractuelle par les prix omet le fait que les cr&#233;ateurs sont &#224; la fois consommateurs et producteurs de connaissances. R&#233;duire leur surplus pour assurer la diffusion la plus large des contenus pourrait ainsi menacer la diversit&#233; culturelle et l'acc&#232;s &#224; la connaissance (Cohen, 2000). Paradoxalement, le droit d'auteur, par les exceptions qu'il autorise, pourrait s'av&#233;rer plus flexible et adapt&#233; &#224; l'&#233;conomie num&#233;rique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le maintien de r&#232;gles et d'institutions para&#238;t alors fondamental. Les technologies de protection ne sont pas neutres. Elles deviennent des armes concurrentielles auxquelles tous les producteurs n'ont pas acc&#232;s. Le droit d'auteur, s'il n'est pas exempt de critiques, repose sur des bases plus &#233;quitables : nul n'est exclu de cette &quot;technologie invisible&quot; dont les co&#251;ts d'adaptation sont support&#233;s par la collectivit&#233;. De plus, contrairement aux solutions purement technologiques, il garantit un certain nombre d'exceptions en faveur des utilisateurs (Cohen, 2000, Lessig, 2001). Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Digital Millennium Copyright Act&lt;/i&gt; am&#233;ricain de 1998 et la directive europ&#233;enne sur le droit d'auteur adopt&#233;e en mai 2001 pourraient repr&#233;senter une r&#233;elle menace pour les utilisateurs (Rochelandet, 2002) en restreignant fortement leurs &quot;droits&quot; par la protection juridique des protections technologiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(novembre 2002)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Quelques r&#233;f&#233;rences :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://papers.ssrn.com/sol3/Delivery.cfm/SSRN_ID240590_code000831520.pdf?abstractid=240590&amp;mirid=1&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;COHEN J.E. (2000) &quot;Copyright and the Perfect Curve&quot;, Vanderbilt Law Review, 53, 1799-1819 &lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://papers.ssrn.com/sol3/Delivery.cfm/99032302.pdf?abstractid=157448&amp;mirid=1&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;DAM K.W. (1999) &quot;Self-help in the digital jungle&quot;, Journal of Legal Studies, 28(2), 393-412 &lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://revel.unice.fr/reco/document.html?id=5&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;FARCHY J. et ROCHELANDET F. (2002) &#8220;La remise en cause du droit d'auteur sur Internet&#8221;, REI, 99, 49-64 &lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.daviddfriedman.com/Academic/Strong_Privacy/Strong_Privacy.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;FRIEDMAN D. (1996) &quot;A World of Strong Privacy : Promises and Perils of Encryption&quot;, Social Philosophy And Policy, 13(2) &lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;MERGES R.P. (1997) &quot;The end of friction ? Property rights and contract in the &quot;newtonian&quot; world of on-line commerce&quot;, Berkeley Technological Law Journal, 12, 115-136&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://papers.ssrn.com/sol3/Delivery.cfm/9712181.pdf?abstractid=49097&amp;mirid=1&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;MEURER, M.J. (1997) &quot;Price Discrimination, Personal Use, and Piracy : Copyright Protection of Digital Works&quot;, Buffalo Law Review, 45, 845-889. &lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;ROCHELANDET, F. (2002) &quot;Le droit d'auteur europ&#233;en &#224; l'&#232;re num&#233;rique : quelles le&#231;ons tirer de l'exp&#233;rience am&#233;ricaine ?&quot;, in Basl&#233;, M. et P&#233;nard, T. &#171; eEurope : la soci&#233;t&#233; europ&#233;enne de l'information &#187;, Economica.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_140 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:99px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.voxinternet.fr/local/cache-vignettes/L99xH33_logo_CC-39-59477.gif' width='99' height='33' alt=&quot;&quot; style='height:33px;width:99px;' class='' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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