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	<title>Vox Internet - Programme de recherche soutenu par l'ANR</title>
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		<title>L'&#233;conomie des r&#233;seaux</title>
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		<dc:date>2005-06-23T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel CORNU</dc:creator>

<category domain="http://www.voxinternet.fr/spip.php?rubrique4">Economie des r&#233;seaux</category>

		<dc:subject>Article scientifique</dc:subject>

		<description>Pour comprendre les diff&#233;rentes probl&#233;matiques de l'&#233;conomie des r&#233;seaux, il faut nous situer au sein des grandes p&#233;riodes qui jalonnent la courte histoire de l'internet. Chacune de ces &#233;tapes a ses propres probl&#233;matiques et impose des remises en question aux op&#233;rateurs. Nous parlons rapidement des d&#233;buts de l'internet dans un r&#233;seau construit entre des centres de recherches et de sa phase d'expansion utilisant principalement le r&#233;seau t&#233;l&#233;phonique commut&#233; comme support de r&#233;seau. Nous (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour comprendre les diff&#233;rentes probl&#233;matiques de l'&#233;conomie des r&#233;seaux, il faut nous situer au sein des grandes p&#233;riodes qui jalonnent la courte histoire de l'internet. Chacune de ces &#233;tapes a ses propres probl&#233;matiques et impose des remises en question aux op&#233;rateurs. Nous parlons rapidement des d&#233;buts de l'internet dans un r&#233;seau construit entre des centres de recherches et de sa phase d'expansion utilisant principalement le r&#233;seau t&#233;l&#233;phonique commut&#233; comme support de r&#233;seau. Nous examinons ensuite plus en d&#233;tail la phase actuelle de construction d'un r&#233;seau global d&#233;di&#233; &#224; l'internet &#224; haut d&#233;bit &#224; partir de la pr&#233;sentation de Godefroy Dang N'Guyen. Enfin, nous &#233;voquons, &#224; partir de l'expos&#233; de Rafi Haladjian, une toute nouvelle phase, encore en devenir, celle des r&#233;seaux pervasifs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les infrastructures qui sous-tendent l'internet sont mises en place et maintenues par des op&#233;rateurs qui commercialisent directement l'acc&#232;s au r&#233;seau, ou bien louent ces capacit&#233;s &#224; d'autres Fournisseurs d'Acc&#232;s &#224; l'Internet (FAI). Pour comprendre la situation actuelle, il est n&#233;cessaire de se pencher sur les diff&#233;rentes phases de mise &#224; disposition de l'infrastructure de l'internet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Un pass&#233; d&#233;j&#224; lointain&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La phase universitaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans un premier temps, l'internet a &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; aux universitaires et &#224; quelques grosses soci&#233;t&#233;s qui pouvaient financer leur propre infrastructure pour relier leurs &#233;tablissements au reste de l'internet (principalement au moyen de liaisons sp&#233;cialis&#233;es). L'internet s'est alors constitu&#233; comme un r&#233;seau de r&#233;seaux d'utilisateurs. Dans cette premi&#232;re p&#233;riode, les moyens financiers n&#233;cessaires pour s'int&#233;grer au r&#233;seau excluaient donc les particuliers et r&#233;servaient l'acc&#232;s aux universit&#233;s, laboratoires de recherche et entreprises.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'acc&#232;s par modem t&#233;l&#233;phonique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans les ann&#233;es 1990, le r&#233;seau des r&#233;seaux s'est prolong&#233; en utilisant principalement le RTC (R&#233;seau T&#233;l&#233;phonique Commut&#233;). L'acc&#232;s &#224; l'internet s'est fait par l'interm&#233;diaire des Fournisseurs d'Acc&#232;s. Ces derniers connectent leurs &#233;quipements d'acc&#232;s (mais aussi d'authentification, de facturation...) au r&#233;seau internet d'un c&#244;t&#233; et au r&#233;seau t&#233;l&#233;phonique de l'autre. II devient alors possible d'acc&#233;der &#224; l'internet depuis n'importe quel endroit connect&#233; au r&#233;seau t&#233;l&#233;phonique, sans n&#233;cessiter d'&#233;quipements suppl&#233;mentaires autres qu'un simple modem plac&#233; entre l'ordinateur et le r&#233;seau t&#233;l&#233;phonique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce changement, s'il a permis l'acc&#232;s du plus grand nombre &#224; l'internet, a eu plusieurs cons&#233;quences :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Les donn&#233;es de l'internet passent dans un r&#233;seau parall&#232;le pr&#233;vu pour la voix gr&#226;ce &#224; une modulation des 0 et des 1 binaires. La capacit&#233; en d&#233;bit &#233;tait cependant limit&#233;e. L'&#233;volution technologique a permis de porter ce d&#233;bit &#224; une valeur (th&#233;orique) de 56 Kbits/s. Les entreprises qui ont besoin de d&#233;bits sup&#233;rieurs utilisent encore des liaisons sp&#233;cialis&#233;es lorsque l'int&#233;r&#234;t d'acc&#233;der au r&#233;seau de fa&#231;on rapide et s&#233;curis&#233;e contrebalance le co&#251;t suppl&#233;mentaire &#224; prendre en charge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Le r&#233;seau qui permet au plus grand nombre d'acc&#233;der &#224; l'internet appartenait dans la quasi-totalit&#233; des pays &#224; un op&#233;rateur unique en situation de monopole, avant que la d&#233;r&#233;gulation (effective en Europe le 1er janvier 1998) ne permette &#224; de nouveaux op&#233;rateurs d'introduire de la concurrence, dans un premier temps pour les liaisons longues distances. Le &#171; dernier kilom&#232;tre &#187;, qui relie le r&#233;seau t&#233;l&#233;phonique &#224; l'utilisateur final, n'a &#233;t&#233; ouvert que depuis peu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Les Fournisseurs d'Acc&#232;s Internet deviennent des interm&#233;diaires entre les utilisateurs et l'internet, cr&#233;ant un r&#233;seau &#224; &#233;tages : les utilisateurs sont connect&#233;s aux FAI, qui sont reli&#233;s entre eux au travers de points d'interconnexion (GIX).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; L'augmentation exponentielle du nombre d'utilisateurs de l'internet a cr&#233;&#233; des difficult&#233;s, par exemple une p&#233;nurie du nombre d'adresses disponibles. Cela a conduit &#224; un internet &#224; deux vitesses : ceux qui disposent des pr&#233;cieuses adresses permanentes peuvent &#234;tre joints &#224; tout moment (condition n&#233;cessaire pour un serveur par exemple) et la grande majorit&#233; des utilisateurs ne disposent que d'adresses temporaires, diff&#233;rentes lors de chaque connexion au r&#233;seau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; La diff&#233;renciation entre les fournisseurs d'acc&#232;s est faible car leurs services, au d&#233;part r&#233;serv&#233;s &#224; leurs clients (comme ce fut le cas pour les services en ligne d'AOL, Compuserve ou MSN &#224; leurs d&#233;buts), sont de plus en plus mis &#224; disposition de l'ensemble de la communaut&#233; des internautes sous la pression des fournisseurs de contenus et de services ind&#233;pendants des fournisseurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'arriv&#233;e du haut d&#233;bit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La limitation des capacit&#233;s du r&#233;seau t&#233;l&#233;phonique commut&#233; a n&#233;cessit&#233; la mise en place d'un v&#233;ritable r&#233;seau d&#233;di&#233; aux donn&#233;es. Il est possible de d&#233;composer l'architecture actuelle du r&#233;seau en trois grandes couches qui ont chacune leurs probl&#233;matiques mais &#233;galement leur temporalit&#233; : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Les dorsales et les c&#339;urs de r&#233;seau&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Les r&#233;seaux de collectes &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Les r&#233;seaux de desserte&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les dorsales et c&#339;urs de r&#233;seau et la concurrence ruineuse&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout en haut de la hi&#233;rarchie, les c&#339;urs de r&#233;seau et les dorsales se sont d&#233;ploy&#233;s &#224; une vitesse extraordinaire durant la &quot;bulle internet&quot;. II y a eu un ph&#233;nom&#232;ne d'anticipation tr&#232;s important sur la capacit&#233; des r&#233;seaux. Ces derniers ont &#233;t&#233; principalement financ&#233;s par la bulle financi&#232;re et par ses m&#233;canismes. Pendant cette p&#233;riode, les op&#233;rateurs ont anticip&#233; l'explosion des trafics et ont investi massivement dans l'infrastructure dorsale. II y a donc eu une course de vitesse avec l'id&#233;e que celui qui serait capable de mobiliser plus rapidement la capacit&#233; financi&#232;re suffisante aurait une plus grande chance de remporter la bataille concurrentielle. Avec le soutien de la communaut&#233; financi&#232;re et d'un certain nombre d'industriels, qui avaient tout int&#233;r&#234;t &#224; l'inflation de ces r&#233;seaux, les responsables des dorsales ont tr&#232;s rapidement pu installer un maillage de fibres optiques &#224; tr&#232;s haut d&#233;bit. Nous nous retrouvons aujourd'hui avec une surcapacit&#233; de d&#233;bit au niveau des dorsales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce march&#233; hautement sp&#233;culatif, l'exc&#232;s de capacit&#233;s, acc&#233;l&#233;r&#233; par l'anticipation des risques face &#224; une demande qui ne d&#233;colle pas comme on l'attendait, d&#233;clenche une guerre commerciale et une chute des prix rapide, qui ne laisse que quelques grands op&#233;rateurs aux diff&#233;rents niveaux de la hi&#233;rarchie des r&#233;seaux. Ce ph&#233;nom&#232;ne, appel&#233; &#171; concurrence ruineuse &#187;, se retrouve dans les march&#233;s hautement sp&#233;culatifs. Dans ces circonstances, les acteurs n'incluent pas dans l'&#233;tablissement du prix leurs co&#251;ts fixes (en particulier l'amortissement de leurs investissements) mais uniquement les co&#251;ts variables. Ils esp&#232;rent ainsi r&#233;cup&#233;rer une large part du march&#233; qui leur permettra &#224; terme de pouvoir r&#233;investir dans leurs infrastructures. Mais pour rentabiliser &#224; long terme une telle strat&#233;gie, il faut pouvoir garantir la p&#233;rennit&#233; des parts de march&#233; acquises. Ce n'est pas le cas dans le monde de l'internet o&#249; les contrats &#224; long terme sont extr&#234;mement limit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une solution serait d'int&#233;grer les offres depuis les dorsales jusqu'&#224; l'utilisateur final. Mais la temporalit&#233; des divers types de r&#233;seau est tr&#232;s variable. Les cycles de d&#233;veloppement sont extr&#234;mement diff&#233;rents et leur d&#233;synchronisation engendre de grands risques financiers. Les Fournisseurs d'Acc&#232;s &#224; l'Internet, qu'ils soient ou non op&#233;rateurs, ont un mod&#232;le &#233;conomique fragile. Le co&#251;t de changement de fournisseurs est assez faible pour l'internaute alors que les co&#251;ts fixes du FAI sont &#233;lev&#233;s [&lt;a href=&quot;http://www.voxinternet.fr/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; id=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Godefroy Dang Nguyen et Thierry P&#233;nard, &#171; La gratuit&#233; &#224; la crois&#233;e des (...)' &gt;1&lt;/a&gt;]. Cette situation ne facilite pas les strat&#233;gies &#224; long terme et les FAI ont tendance &#224; se concentrer sur les lieux disposant d'une bonne connectivit&#233;. Le num&#233;rique risque donc d'aggraver la fracture territoriale au moment o&#249; les infrastructures de l'internet passent dans le nouveau paradigme du haut d&#233;bit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les r&#233;seaux de collecte, l'&#233;chelon interm&#233;diaire&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les r&#233;seaux de collecte font le lien entre les c&#339;urs de r&#233;seau et les derniers kilom&#232;tres qui permettent d'atteindre les utilisateurs. Ils se trouvent &#224; la jonction des deux probl&#233;matiques. Jusqu'&#224; une date r&#233;cente, les r&#233;seaux de collecte et la plupart des r&#233;seaux de desserte (&#224; l'exception de certaines liaisons sp&#233;cialis&#233;es) &#233;taient d&#233;tenus par l'op&#233;rateur historique. Le r&#233;seau de collecte a &#233;t&#233; le premier &#224; faire l'objet d'une concurrence, avant l'ouverture de la &#171; boucle locale &#187;. La volont&#233; de ma&#238;triser leur r&#233;seau a amen&#233; des op&#233;rateurs alternatifs &#224; prolonger leur c&#339;ur de r&#233;seau pour descendre jusqu'au niveau du commutateur t&#233;l&#233;phonique. Tr&#232;s r&#233;cemment les collectivit&#233;s ont pris la mesure de l'enjeu strat&#233;gique du d&#233;veloppement de r&#233;seaux de collecte &#224; haut d&#233;bit. Si les op&#233;rateurs ont une vision verticale de leur r&#233;seau, partant des dorsales et des c&#339;urs de r&#233;seau pour atteindre l'utilisateur gr&#226;ce aux r&#233;seaux de collecte puis de desserte, les collectivit&#233;s territoriales ont une vision plus horizontale. Ainsi on a vu r&#233;cemment &#233;merger des r&#233;seaux d'agglom&#233;ration, de d&#233;partement et de r&#233;gion, chacun proposant le transport de tous les op&#233;rateurs et FAI qui le souhaitent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La probl&#233;matique des r&#233;seaux de collecte est donc interm&#233;diaire entre la concurrence ruineuse, que l'on rencontre dans les c&#339;urs de r&#233;seau o&#249; l'offre est bien sup&#233;rieure &#224; la demande, et les difficult&#233;s d'am&#233;nager les territoires pour permettre un haut d&#233;bit pour tous, &#224; l'incitation de l'Etat et des collectivit&#233;s territoriales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les r&#233;seaux de desserte et la probl&#233;matique du premier/dernier kilom&#232;tre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'augmentation du d&#233;bit disponible pour l'utilisateur a n&#233;cessit&#233; d'abandonner l'utilisation du signal t&#233;l&#233;phonique comme support du transport des donn&#233;es. Cela ne veut pas dire que la ligne t&#233;l&#233;phonique qui arrive dans la plupart des foyers devient inutile pour l'acc&#232;s &#224; l'internet. Moyennant quelques adaptations, il est possible de passer un deuxi&#232;me signal d&#233;di&#233; aux donn&#233;es &#224; haut d&#233;bit dans la m&#234;me ligne t&#233;l&#233;phonique (la technologie xDSL, dont le repr&#233;sentant le plus connu est l'ADSL, impose deux modems, un chez l'utilisateur et un dans le central t&#233;l&#233;phonique). Cette solution, pour &#234;tre viable, n&#233;cessite de placer des &#233;quipements nouveaux dans les centraux t&#233;l&#233;phoniques (les DSLAM) et surtout exige que l'utilisateur ne soit pas trop &#233;loign&#233; du central (typiquement moins de 3 km) pour &#233;viter que l'affaiblissement du signal ne r&#233;duise la vitesse du haut d&#233;bit &#224; celle d'un simple modem &#224; 56 Kbits/s. Cela signifie que, m&#234;me si tous les centraux de France &#233;taient &#233;quip&#233;s, il resterait un pourcentage de la population fran&#231;aise qui n'aurait pas acc&#232;s au haut d&#233;bit. D'autres technologies alternatives ont cependant vu le jour telles que l'acc&#232;s par satellite, les r&#233;seaux sans fil ou l'acc&#232;s par le r&#233;seau &#233;lectrique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;II existe une concurrence entre les diff&#233;rents op&#233;rateurs qui, d&#232;s la phase pr&#233;c&#233;dente, avaient d&#233;velopp&#233; des r&#233;seaux pour collecter les donn&#233;es. L'enjeu principal, pour &#233;viter que l'arriv&#233;e du haut d&#233;bit ne coupe le pays en deux - entre ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas en disposer, concerne donc ce que les op&#233;rateurs de t&#233;l&#233;communication appellent le &#171; dernier kilom&#232;tre &#187; (ou r&#233;seau de desserte) et ce que de plus en plus de collectivit&#233;s territoriales ou d'associations d'usagers appellent le &#171; premier kilom&#232;tre &#187;, t&#233;moignant d'une vision &#171; de bas en haut &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Un internet &#224; deux vitesses ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'acc&#232;s au haut d&#233;bit dans les lieux les plus recul&#233;s exige un r&#233;el volontarisme puisque les retours sur investissement pour les r&#233;seaux de collecte et de desserte ne se font pas &#224; court terme. Cette volont&#233; peut provenir d'acteurs diff&#233;rents :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; France T&#233;l&#233;com a lanc&#233; un plan de 1 milliard d'euros d'investissements pour &#171; offrir le haut d&#233;bit &#224; la France &#187;. La mont&#233;e de la concurrence oblige l'op&#233;rateur historique &#224; conserver une longueur d'avance, quitte &#224; ne rentabiliser ces nouvelles infrastructures que sur le long terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Les collectivit&#233;s territoriales cherchent &#224; mutualiser la mise en place d'infrastructures locales gr&#226;ce aux nouveaux leviers offerts par la r&#233;cente Loi pour la Confiance dans l'Economie Num&#233;rique (LCEN). En effet, auparavant, les collectivit&#233;s ne pouvaient s'impliquer que dans la mise en place des infrastructures passives, devant conc&#233;der l'exploitation du r&#233;seau &#224; un op&#233;rateur unique. La nouvelle loi permet &#224; une collectivit&#233; de prendre en charge &#233;galement les &#233;quipements actifs qui permettent de &#171; partager virtuellement &#187; le r&#233;seau entre diff&#233;rents op&#233;rateurs locaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le d&#233;veloppement des nouvelles infrastructures qui permettent le haut d&#233;bit n&#233;cessite le plus souvent une mutualisation des moyens entre les divers op&#233;rateurs. La mise en place d'un r&#233;seau de collecte d&#233;partemental moyen repr&#233;sente un investissement de 60 millions d'euros et des co&#251;ts annuels d'exploitation de 3 ou 4 millions d'euros &#224; partager entre les diff&#233;rents op&#233;rateurs... ou bien &#224; prendre en charge seul s'il n'y a pas de mutualisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Quel mod&#232;le architectural ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le processus de mutualisation a permis la mise en place de nouveaux mod&#232;les architecturaux. Ceux-ci ont des impacts sur l'&#233;conomie des op&#233;rateurs :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Les MIX (n&#339;uds d'interconnexion m&#233;tropolitains entre les op&#233;rateurs) permettent de ne pas avoir &#224; r&#233;acheminer le trafic local (qui repr&#233;sente 80 % en tout du trafic) jusqu'&#224; un n&#339;ud d'interconnexion global lorsqu'il provient d'op&#233;rateurs diff&#233;rents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Les r&#233;seaux neutres sont g&#233;r&#233;s par un op&#233;rateur &#171; neutre &#187; qui s'engage &#224; ne d&#233;livrer aucun service. Les autres op&#233;rateurs s'interconnectent alors simplement &#224; la p&#233;riph&#233;rie du r&#233;seau pour offrir des services concurrentiels (internet, t&#233;l&#233;phone, t&#233;l&#233;vision). Ils peuvent alors se partager de nouveaux clients potentiels sans investissement pr&#233;alable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Les diff&#233;rents mod&#232;les permis par la Loi pour la confiance dans l'&#233;conomie num&#233;rique (d&#233;l&#233;gation de service public, partenariat public-priv&#233;...) facilitent l'investissement priv&#233; en apportant des garanties publiques. En contrepartie, la collectivit&#233; conserve le contr&#244;le (sur la neutralit&#233;, sur les tarifs et sur le p&#233;rim&#232;tre d'action). L'op&#233;rateur qui obtient une d&#233;l&#233;gation de service public est cependant en concurrence car d'autres op&#233;rateurs peuvent choisir de mettre en place leur propre r&#233;seau (contrairement &#224; d'autres types de r&#233;seaux en d&#233;l&#233;gation de service public tels que l'eau).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Quels mod&#232;les &#233;conomiques ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La diversit&#233; des temporalit&#233;s entre les diff&#233;rents types de r&#233;seaux pose des probl&#232;mes de viabilit&#233; &#233;conomique pour les op&#233;rateurs et les fournisseurs acc&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le mode de facturation utilis&#233; par les r&#233;seaux haut d&#233;bit est principalement le forfait. Celui-ci doit permettre de financer les lourds investissements mat&#233;riels des r&#233;seaux. L'&#233;conomie des services (trait&#233;e infra chapitre 5) a &#233;galement un impact sur l'&#233;conomie des r&#233;seaux. Il existe une hi&#233;rarchie : les services (au-dessus de la couche IP) financent le d&#233;veloppement des r&#233;seaux (en dessous de la couche IP) dont les investissements sont avanc&#233;s par les op&#233;rateurs ou maintenant par les collectivit&#233;s territoriales. Mais le tr&#232;s lent d&#233;marrage du micro-paiement sur internet et la difficult&#233; de mesurer &#224; un co&#251;t acceptable les usages et trafics collectifs g&#233;n&#233;r&#233;s sur le mod&#232;le de la &#171; tribu &#187; rendent les mod&#232;les &#233;conomiques complexes. II ne faut exclure a priori aucun mod&#232;le car chacun peut trouver sa pertinence ou non en fonction de nombreuses variables. L'espoir des op&#233;rateurs et des fournisseurs d'acc&#232;s repose &#233;galement sur l'augmentation de la demande en bande passante, principalement par le d&#233;veloppement du son et de la vid&#233;o, plut&#244;t que sur l'extension du haut d&#233;bit &#224; des zones non encore couvertes : celle-ci n&#233;cessite des financements suppl&#233;mentaires alors que les pr&#233;c&#233;dents investissements ne sont pas encore rembours&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le passage au haut d&#233;bit (et &#224; la connexion permanente) a eu de grandes cons&#233;quences sur l'&#233;conomie des acteurs de l'infrastructure. Les limites du r&#233;seau voix de la t&#233;l&#233;phonie et la n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er un nouveau r&#233;seau allant jusqu'&#224; l'utilisateur final ont n&#233;cessit&#233; l'invention de nouveaux mod&#232;les et pouss&#233; vers une &#233;volution l&#233;gislative. Le d&#233;bit disponible devrait continuer de cro&#238;tre. Le dernier Comit&#233; Interminist&#233;riel &#224; l'Am&#233;nagement du Territoire a fix&#233; un objectif d'ici 2007 de 2 Mbits/s au domicile dans les villes, 100 Mbits/s dans les 2000 zones d'activit&#233;s &#233;conomiques fran&#231;aises et trois points d'acc&#232;s au moins pour les petites communes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La prochaine phase ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais l'histoire des technologies ne s'arr&#234;te pas l&#224;. L'accroissement du d&#233;bit et la connexion permanente ne sont pas les seules modifications qui touchent aux infrastructures du r&#233;seau.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'arriv&#233;e des objets &#171; intelligents et communicants &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis 2002, le nombre de micro-contr&#244;leurs (ces puces qui int&#232;grent un petit ordinateur complet et permettent de rendre un objet &#171; intelligent &#187;) est sup&#233;rieur au nombre d'&#234;tres humains sur cette plan&#232;te. Parall&#232;lement, l'arriv&#233;e en 2004 des &#233;tiquettes &#171; intelligentes &#187; RFID (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;radio frequency identification&lt;/i&gt;) permet aux objets de s'enrichir en fonctions de communication &#224; tr&#232;s bas prix. La fusion des deux approches devrait amener un fort d&#233;veloppement des objets &#171; intelligents et communicants &#187;. L'internet, principalement centr&#233; aujourd'hui sur l'&#233;change entre personnes &#224; l'aide de moyens informatiques (y compris de fa&#231;on asynchrone comme sur le Web), devrait rapidement &#234;tre compl&#233;t&#233; par des &#233;changes entre les personnes et les objets et surtout par des &#233;changes entre les objets.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'histoire de l'informatique montre que nous sommes pass&#233;s d'un mod&#232;le o&#249; chaque ordinateur avait plusieurs utilisateurs &#224; l'ordinateur personnel, puis aujourd'hui &#224; de nombreuses unit&#233;s &#171; intelligentes &#187; pour chaque utilisateur. Pourtant, m&#234;me si l'utilisateur est d'ores et d&#233;j&#224; entour&#233; d'objets &#171; intelligents &#187; dans sa voiture et sa vie de tous les jours, il &#233;volue toujours dans une relation h&#233;rit&#233;e de l'ordinateur personnel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les objets ont des besoins diff&#233;rents des ordinateurs&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour reprendre l'image utilis&#233;e par Rafi Haladjian, l'utilisateur est aujourd'hui entour&#233; d'un archipel d'objets et non pas d'un r&#233;seau d'objets. De la m&#234;me mani&#232;re que l'internet a permis de d&#233;senclaver les ordinateurs et d'en faire les cellules d'un &#233;cosyst&#232;me informationnel, appara&#238;t un nouveau type de r&#233;seau qui permet de d&#233;cloisonner cet archipel d'objets, de les relier les uns aux autres. On parle alors de &#171; r&#233;seau pervasif &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arriv&#233;e des objets devrait structurer le r&#233;seau aussi fortement que lors de l'&#233;tape pr&#233;c&#233;dente, lorsque le d&#233;bit disponible a d&#251; d&#233;passer celui du r&#233;seau t&#233;l&#233;phonique existant. Les objets n&#233;cessitent peu de d&#233;bit pour &#171; communiquer &#187; entre eux (mais il n'en est pas forc&#233;ment ainsi dans le cas de la communication entre personne et objets). En revanche, l'objet doit &#234;tre accessible partout sans n&#233;cessiter de connexion filaire. L'int&#233;r&#234;t des r&#233;seaux sans fil dans ce cas est moins la mobilit&#233; qu'une couverture globale permettant &#224; l'objet &#234;tre en permanence reli&#233; au r&#233;seau, quel que soit l'endroit o&#249; il se trouve.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#233;seau pervasif&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un r&#233;seau pervasif est un r&#233;seau qui fonctionne tout le temps et en quelque lieu que l'on se trouve. Un tel r&#233;seau doit &#234;tre agnostique : il n'appartient pas &#224; un op&#233;rateur de d&#233;terminer quel type d'objets sera connect&#233;... Il appartiendrait &#224; l'&#233;cosyst&#232;me des usages, dans un mod&#232;le quasi-darwinien, de d&#233;terminer les objets qu'utiliseront les acteurs, ainsi que leur type de pratiques, dans un r&#233;seau pervasif. Pour permettre de connecter les tr&#232;s nombreux objets qui nous entourent, le r&#233;seau pervasif ne doit pas co&#251;ter tr&#232;s cher, fonctionner sur la base d'un forfait et disposer d'une bande suffisante pour pouvoir transporter les informations de notre &#171; Personal Area Network &#187; (PAN).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ces conditions, le r&#244;le de l'op&#233;rateur &#233;volue de nouveau. Dans un tel r&#233;seau, la connexion doit se faire de la fa&#231;on la plus transparente possible. Il n'est plus possible de g&#233;rer un abonnement et une configuration particuli&#232;re pour chacun de nos objets. De plus, la valeur de l'op&#233;rateur ne repose pas seulement sur le service de connexion mais &#233;galement sur la discrimination des liaisons afin de permettre de conserver un caract&#232;re priv&#233; &#224; certaines liaisons entre les objets d'un r&#233;seau personnel. Il ne s'agit pas de choisir une technologie qui serait meilleure que les autres (par exemple de choisir entre Wi-Fi et l'UMTS), mais plut&#244;t d'&#234;tre capable de choisir la meilleure technologie au moment le plus opportun.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Des premiers r&#233;seaux pervasifs en Wi-Fi&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toutefois, la technologie de r&#233;seau sans fil Wi-Fi exerce une r&#233;elle fascination. Selon les pionniers des r&#233;seaux pervasifs, la simplicit&#233; de leur mise en &#339;uvre permet aux utilisateurs eux-m&#234;mes de cr&#233;er des r&#233;seaux d'acc&#232;s. Aujourd'hui, il est possible de connecter pour tr&#232;s peu d'argent son immeuble &#224; celui de ses voisins de l'autre c&#244;t&#233; de la rue. Il y a une r&#233;elle &quot;fra&#238;cheur&quot; des utilisateurs qui adh&#232;rent facilement au mod&#232;le, dans une v&#233;ritable volont&#233; d'&#234;tre acteurs de la construction du r&#233;seau. On retrouve la philosophie des d&#233;buts de l'internet o&#249; les utilisateurs construisaient eux-m&#234;mes le r&#233;seau pour s'interconnecter. Pourtant, le Wi-Fi est une solution technique sommaire pour les r&#233;seaux pervasifs. II fut invent&#233; avec une ambition extr&#234;mement modeste, celle de connecter des p&#233;riph&#233;riques en r&#233;seau local &#224; l'int&#233;rieur d'un b&#226;timent. Mais chacun s'est appropri&#233; cette technologie simple &#224; mettre en &#339;uvre pour construire aussi bien des r&#233;seaux territoriaux que des r&#233;seaux de &#171; tribu &#187;. Cet emballement a &#233;t&#233; d'une telle port&#233;e que le monde entier s'est &#171; mis au Wi-Fi &#187;. L'&#233;conomie d'&#233;chelle a permis des baisses importantes du co&#251;t du mat&#233;riel. C'est pour cela que les premiers r&#233;seaux pervasifs &#233;mergent en Wi-Fi, m&#234;me si d'autres technologies doivent bient&#244;t appara&#238;tre (tel que par exemple Zigbee ou UWB). &#192; son commencement, l'internet &#233;tait dans une situation similaire : il s'agissait d'un r&#233;seau de qualit&#233; moindre par rapport aux r&#233;seaux propri&#233;taires professionnels, mais sa souplesse et son appropriation par le plus grand nombre lui ont permis de l'emporter largement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'intelligence ambiante&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La notion de r&#233;seau pervasif m&#232;ne &#224; celle &quot;d'intelligence ambiante&quot; : &#224; partir du moment o&#249; les objets deviennent &quot;intelligents&quot; et connect&#233;s en permanence par un r&#233;seau pervasif, pourquoi ne pas leur faire faire autre chose en plus de leur usage initial ? Tous ces &quot;objets intelligents&quot; pourraient avoir des adresses permettant de les identifier et de recevoir par le r&#233;seau des informations qui leur permettent de fournir des alertes. En effet, quelle que soit l'augmentation de la bande passante, ce qui reste irr&#233;m&#233;diablement restreint c'est la capacit&#233; d'attention de l'utilisateur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aujourd'hui, la construction d'un r&#233;seau pervasif g&#233;n&#233;ral, sur le mod&#232;le propos&#233; par la soci&#233;t&#233; Ozone, permettrait d'interconnecter l'ensemble des &quot;machines intelligentes&quot; afin de leur offrir une sph&#232;re de communication capable d'alerter et d'informer &#224; tous moments. Des exp&#233;rimentations sont men&#233;es, parmi d'autres la lampe Wi-Fi de la soci&#233;t&#233; Violet : elle transmet un message envoy&#233; par SMS &#224; l'aide d'un changement de couleurs - il peut s'agir d'une pens&#233;e de l'&#234;tre aim&#233; ou du d&#233;passement de seuil dans un cours de bourse ...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Quels mod&#232;les &#233;conomiques pour les r&#233;seaux pervasifs ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les mod&#232;les &#233;conomiques de tels r&#233;seaux pervasifs sans fils restent &#224; inventer. Chaque phase de l'internet a remis en question les mod&#232;les utilis&#233;s dans les &#233;tapes pr&#233;c&#233;dentes sans pour autant les remplacer totalement. L'architecture technique d&#233;velopp&#233;e pour l'internet a su s'adapter au travers des ann&#233;es &#224; chaque changement, malgr&#233; des besoins radicalement diff&#233;rents : passage d'un r&#233;seau d'&#233;changes sym&#233;triques &#224; un r&#233;seau client-serveur lors de l'arriv&#233;e du Web, d&#233;bit garanti sur un r&#233;seau pr&#233;vu pour le &#171; best effort &#187; avec la voix sur IP, etc. Les nouveaux usages (pair &#224; pair mais aussi r&#233;seaux pervasifs, etc.) lancent de nouveaux d&#233;fis architecturaux qui ont d'ores et d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pris en compte dans les laboratoires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais la r&#233;gulation mise en place pour les r&#233;seaux laissera-t-elle le champ n&#233;cessaire pour inventer les mod&#232;les qui n'existent pas encore pour les prochaines phases de l'internet ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Quelques pistes de recherche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au terme de cette description, il ressort que la soci&#233;t&#233; de la connaissance s'appuie sur des infrastructures dont l'&#233;conomie doit permettre un d&#233;veloppement rapide sans hypoth&#233;quer le futur. Force est de constater que les premi&#232;res phases du d&#233;veloppement des r&#233;seaux ont repr&#233;sent&#233; une force d'innovation consid&#233;rable. Nous sommes confront&#233;s aujourd'hui &#224; deux d&#233;fis majeurs : permettre un d&#233;veloppement du r&#233;seau qui ne soit plus contraint par les architectures de r&#233;seaux pr&#233;c&#233;dentes et ouvrir ce r&#233;seau aux besoins non seulement des personnes mais &#233;galement des objets.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; Les aspects architecturaux, plus encore que les technologies, ont un impact sur l'&#233;conomie des r&#233;seaux. Les d&#233;cideurs des collectivit&#233;s territoriales ont une responsabilit&#233; majeure lors des phases de d&#233;veloppement du r&#233;seau. Il est important de mettre en lumi&#232;re les d&#233;bats architecturaux et leurs enjeux, afin de permettre aux acteurs publics de d&#233;velopper des actions pertinentes d'am&#233;nagement du territoire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; La mise en place des infrastructures n&#233;cessite des investissements importants qui sont effectu&#233;s en un temps court dans un contexte hautement innovant. La concurrence ruineuse ou les disparit&#233;s d'int&#233;r&#234;t dans l'am&#233;nagement des diff&#233;rents territoires pose des questions nouvelles. Il est urgent de r&#233;fl&#233;chir &#224; de nouveaux mod&#232;les &#233;conomiques qui permettent aux acteurs d'accompagner ces changements, tout en prenant en compte les probl&#232;mes pos&#233;s par l'obsolescence rapide des solutions choisies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Par ailleurs, l'internet est un merveilleux exemple d'une architecture ayant su s'adapter &#224; des besoins non d&#233;finis au d&#233;part. Au del&#224; de la prise en compte des besoins des utilisateurs, le r&#233;seau des r&#233;seaux a su leur donner les moyens de se l'approprier et de le fa&#231;onner selon leurs besoins. Cette &#171; plasticit&#233; &#187; du r&#233;seau est un facteur fondamental de l'innovation d'usage. Il est n&#233;cessaire de mieux comprendre quels sont les crit&#232;res qui permettent cette souplesse pour orienter les choix futurs, non pas dans ce qui semble a priori la meilleure solution aujourd'hui, mais plut&#244;t dans celle qui permettra au r&#233;seau et aux personnes qui l'utilisent de s'adapter en permanence &#224; un monde qui &#233;volue et innove.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La gouvernance de l'internet, si elle doit pr&#233;server les int&#233;r&#234;ts des acteurs, ne doit pas contraindre l'avenir. Les modes de r&#233;gulation eux-m&#234;mes doivent innover pour relever ce double enjeu : pr&#233;server au mieux les &#233;quilibres tout en favorisant le d&#233;veloppement des innovations.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_125 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:99px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.voxinternet.fr/local/cache-vignettes/L99xH33_logo_CC-24-71a6d.gif' width='99' height='33' alt=&quot;&quot; style='height:33px;width:99px;' class='' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.voxinternet.fr/#nh1&quot; name=&quot;nb1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Godefroy Dang Nguyen et Thierry P&#233;nard, &#171; La gratuit&#233; &#224; la crois&#233;e des nouveaux mod&#232;les d'affaires sur internet &#187; in R&#233;seaux n&#176;124, FT R&amp;D / Herm&#232;s - Lavoisier, 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>The economics of networks</title>
		<link>http://www.voxinternet.fr/spip.php?article20</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.voxinternet.fr/spip.php?article20</guid>
		<dc:date>2005-06-23T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel CORNU</dc:creator>

<category domain="http://www.voxinternet.fr/spip.php?rubrique4">Economie des r&#233;seaux</category>

		<dc:subject>Article scientifique</dc:subject>

		<description>In order to understand the different issues affecting the economics of networks, we need to situate ourselves within the large periods that punctuate the short history of the Internet. Each of these phases has had its own issues and has forced telecom operators to call into question their role. We will speak quickly about the beginnings of the Internet as a network built between research centers and about its expansion phase, using primarily the Public Switched Telephone Network as its (...)

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&lt;a href="http://www.voxinternet.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Article scientifique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;In order to understand the different issues affecting the economics of networks, we need to situate ourselves within the large periods that punctuate the short history of the Internet. Each of these phases has had its own issues and has forced telecom operators to call into question their role. We will speak quickly about the beginnings of the Internet as a network built between research centers and about its expansion phase, using primarily the Public Switched Telephone Network as its medium. We will then examine in more detail the current phase of building a high-speed global network dedicated to the Internet, basing our analysis on Godefroy Dang N'Guyen's presentation. Finally, with Rafi Haladjian's contribution, an entirely new phase will be mentioned, still to come: pervasive networks.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The Internet's underlying infrastructures are set up and maintained by operators who either sell access to the network directly or lease this capacity to other Internet Service Providers (ISPs). To understand the current situation, one must focus on the different phases of the infrastructure of the Internet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;An already distant past&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The university phase&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;At the very beginning, the Internet was reserved to academics and a few large companies that could finance their own infrastructures to link their institutions to the rest of the Internet (primarily via leased lines). At this time, the Internet was made up of networks of users' networks. During this first period, the financial means necessary for becoming part of the network excluded individuals and reserved access to universities, research laboratories and companies.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Access via telephone modem&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;In the 1990s, the &quot;network of networks&quot; grew primarily by using the Public Switched Telephone Network (PSTN). Internet access occurred through the intermediary of ISPs. These ISPs connected their access equipment (as well as equipment for authentication and billing) to the Internet network on one end and to the telephone network on the other. It then became possible to access the Internet from any place connected to the telephone network, without any additional equipment other than a simple modem plugged into the computer and the telephone network.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Although this change extended Internet access to most people, it had several consequences:&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Internet data was transferred across a network designed for speech using a binary modulation of 0s and 1s. The transfer speed was limited, however. Technological evolution enabled this speed to reach a (theoretical) 56 Kbps. Companies that needed higher transfer speed continued to use specialized links as long as the advantages of accessing the network quickly and securely outweighed the additional costs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;In almost all countries, the network allowing most people to access the Internet belonged to a single operator in a monopoly situation, before deregulation (effective in Europe from 1st January 1998) allowed new operators to introduce competition, first for long-distance links. The &quot;last mile,&quot; which links the telephone network to the end user, has only been open to competitors for a short time.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;ISPs became the intermediaries between users and the Internet, thus creating a multi-level network: the users were connected to the ISPs, which were linked together through Global Internet eXchange points (GIX).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The exponential increase in the number of Internet users created some difficulties, for example, a shortage of available addresses. This led to a two-tier Internet: those who had one of these valuable permanent addresses could be reached at any moment (this is a necessary condition for a server, for instance), while the vast majority of users only had temporary addresses, which changed with each connection.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Differentiation among ISPs was low because their services, first reserved to their own clientele (as was the case for the online services of AOL, Compuserve or MSN in the beginning), were being made available more and more often to the entire community of Internet users, due to pressure exerted by content providers and stand-alone service providers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;The arrival of broadband&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The limited capacities of the CTN made it necessary to set up a network truly dedicated to data transfer. We can break the current architecture of the network down into three large layers that each have not only their own issues, but also their own time scales:&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8226; backbones and network cores&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8226; distribution networks&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8226; local loops&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Backbones, network cores and ruinous competition&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;At the very top of the hierarchy, backbones and network cores were deployed at an extraordinary speed during the &quot;Internet bubble.&quot; There was a very powerful phenomenon of anticipation regarding network capacity. These networks were primarily financed by the financial bubble and its mechanisms. During this period, operators anticipated that traffic would explode and therefore invested massively in backbone infrastructure. It was a race with the idea that the one who could mobilize the sufficient financial capacity quickly enough would have a greater chance of winning the competitive battle. With the support of the financial community and a certain number of industrials who found this inflation of network capacity to be in their own interest, backbone managers were able to install a very high-speed fiber optic network quite quickly. Today, we have excess capacity in terms of speed at the backbone level.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;In this highly speculative market, the excess capacity, accelerated by the anticipation of risks and confronted with a demand that did not increase as was expected, set off a commercial war and a very fast drop in prices, leaving only a few large operators on the different levels of the network hierarchy. This phenomenon, known as &quot;ruinous competition,&quot; is found in highly speculative markets. Under these circumstances, the actors do not include their fixed costs when setting their prices (in particular the amortization of their investments), but only their variable costs. In so doing, they hope to gain a large market share that will allow them eventually to reinvest in their infrastructures. However, to make such a strategy profitable in the long term, one must be able to guarantee the longevity of the acquired market share. This is not the case in the world of the Internet because long-term contracts are extremely rare.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;One solution would have been to develop complete offers from the backbone to the end user. But the time scales of the different types of network are highly variable. Their development cycles are extremely different and this desynchronization generates great financial risks. ISPs, whether operators or not, are a fragile business model. The cost of changing providers is rather low for the end user, whereas the fixed costs of the ISP are high. This situation does not facilitate long-term strategies and ISPs tend to focus on locations that have good connectivity. The digital revolution therefore may worsen the territorial divide once Internet infrastructures begin adopting the new broadband paradigm.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Distribution networks, the intermediate level&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A distribution network links the backbone to the local loop that reaches the end user. Distribution networks are therefore at the juncture of the two issues. Until recently, the distribution networks and most local loops (with the exception of certain specialized links) belonged to the historic operator. The distribution network was the first to be opened up to competition, before the local loop. Wishing to control their network, alternative operators extended their network cores down to the level of the telephone commutator. Quite recently, local authorities grasped the strategic value of developing high-speed distribution networks. If operators have a vertical view of their network, starting with backbones and network cores at the top and going down distribution networks and local loops to reach the end user, local authorities have a more horizontal view. Thus we have recently seen the emergence of municipal, departmental or regional networks, each proposing transport services for any operator or ISP interested.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The problem faced by distribution networks is therefore halfway between the ruinous competition that threatens backbones because the supply is far superior to the demand, and the difficulties of extending broadband to all subscribers, with incentives from national and local governments.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The &quot;last mile&quot; issue&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Increasing the user's available bit rate made it necessary to stop using the telephone signal for data transfer. This does not mean that the telephone line running into most households is no longer useful for Internet access. With a few adaptations, the same telephone line can be used to transmit a second signal dedicated to broadband data transfer (xDSL technology, the best-known form of which is ADSL, requires two modems: one for the subscriber and one located in the telephone exchange). To be viable, this solution requires new equipment (DSLAMs) to be installed at the exchange and above all the subscriber must not be located too far from the telephone exchange (typically less than 3 km) to prevent the weakening of the signal from reducing the bit rate to that of a simple 56 Kbps modem. In other words, even if all the exchanges in France were equipped, a percentage of the French population would still not have high-speed access. However, other alternative technologies have been developed, including satellite access, wireless networks or access via power lines.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Competition exists between the different operators that had developed networks for gathering data in the earlier phase. To keep the arrival of broadband from cutting the country in two (those who can and those who cannot have access to broadband), the main challenge surrounds what telecommunications operators call the &quot;last mile&quot; (or local loop), and what more and more local authorities and users' associations call the &quot;first mile,&quot; reflecting a bottom-up view.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A two-speed Internet?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Real determination is required to bring broadband access to the most remote locations because the returns on investments in distribution networks and local loops are not short-term. This determination could come from several actors:&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;France Telecom has launched a one billion euro investment plan to &quot;bring broadband to France.&quot; Increased competition has forced the historic operator to stay ahead, even if this means only turning a profit on these new infrastructures in the long term.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Local authorities are seeking mutualization, or sharing the expense of setting up local infrastructures by means of the new levers provided by the recent Law for Confidence in the Digital Economy (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Loi pour la Confiance dans l'&#201;conomie Num&#233;rique&lt;/i&gt;, or LCEN). Indeed, in the past local governments could only become involved in the implementation of passive infrastructures, and had to turn over their operation to a single operator. The new law also allows a local government to fund the active devices that enable &quot;virtual sharing&quot; of the network among the different local operators.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Developing these new infrastructures for broadband most often requires resources to be mutualized among the various operators. Setting up an average departmental distribution network represents an investment of 60 million euros, plus an annual operating budget of three or four million euros to be shared among the various operators... or to be supported by a single participant if there is no mutualization.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Which architectural model?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The process of mutualization has allowed new architectural models to be implemented. These models have economic impacts for the operators:&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Metropolitan Information Exchanges (MIXs) enable local traffic (which represents 80% of all traffic) not to be rerouted through a GIX if it comes from different operators.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Neutral networks are managed by a neutral operator that agrees not to provide any services. The other operators are simply interconnected on the periphery of the network to offer competitive services (Internet, telephone, television). This allows them to share new prospective clients without any initial investment.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The different models authorized in the LCEN (delegating public service, forming public-private partnerships, etc.) facilitate private investment by providing public guarantees. In return, local authorities remain in control (on neutrality, rates and the field of action). The operator who obtains a public service delegation is nevertheless in competition because other operators could choose to set up their own networks (contrary to other types of networks with public service delegation, such as water).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Which economic models?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The diversity of time scales between the different types of networks poses problems of economic viability for both operators and ISPs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The billing system used by broadband networks is mainly a set fee for unlimited access. This set fee must fund the networks' large hardware investments. The economics of services (discussed in Chapter 5) also has an impact on the economics of networks. There exists a hierarchy: the services (above IP layer) finance the development of the networks (below IP layer), the investments of which are financed by the operators or nowadays by the local authorities. But the economic models are made complex by the very slow take-off of micropayment on the Internet and by the difficulty of measuring, at an acceptable cost, the collective use and traffic generated with the &quot;tribe&quot; model. No model should be excluded from the outset because each may or may not prove to be relevant, depending on a number of variables. The operators and ISPs are placing their hopes on an increase in the demand for bandwidth, mainly due to the development of sound and video, rather than on an extension of broadband access into areas that are not yet covered; such an extension would require additional investments at a time when the previous investments have not yet been paid back.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The rise of broadband (and permanent Internet connections) has had great consequences on the economy of those involved in infrastructures. The limitations of the voice telephone network and the need to create a new network reaching the end user have made the invention of new models necessary and pushed for legislative change. The available bit rate should continue to grow. The last &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Comit&#233; Interminist&#233;riel &#224; l'Am&#233;nagement du Territoire&lt;/i&gt; set an objective for the year 2007 of 2 Mbps at home in the cities, 100 Mbps in the two thousand economic activity zones in France and at least three access points for small towns.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;The next phase?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;But the history of technology does not stop there. Faster Internet access and the permanent connection are not the only changes that affect the network infrastructures.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The arrival of &quot;smart, communicating objects&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Since 2002, the number of micro-controllers (the chips that make up a complete tiny computer and enable the creation of &quot;smart&quot; objects) is higher than the number of human beings on the planet. At the same time, the arrival of &quot;smart&quot; RFID (Radio Frequency Identification) tags in 2004 has allowed objects to be enriched with communication features at a very low price. The fusion of these two approaches should lead to a strong growth in &quot;smart, communicating objects.&quot; The Internet, which is today mainly centered around exchanges between people using computerized means (including asynchronous exchanges, as on the web), should quickly be completed by exchanges between people and objects and especially by exchanges among objects.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The history of computer science shows that we have gone from a model in which each computer had several users to the personal computer model, and now today to a model in which each user has several &quot;smart&quot; units. However, even if users are already surrounded by &quot;smart&quot; objects in their cars and daily life, they continue to think in a way inherited from the personal computer era.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Objects have different needs than computers&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;To apply the image used by Rafi Haladjian, the user today is surrounded by an &quot;archipelago&quot; of objects and not by a network of objects. Just as the Internet allowed computers to no longer be isolated and made them the cells of an information ecosystem, there now appears a new kind of network that allows this archipelago of objects to no longer be isolated, to be linked together. In this case, we speak of &quot;pervasive networks.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The arrival of objects should have as much effect on the network structure as the last phase did, when available bit rate had to go beyond that of the existing telephone network. Objects do not need much available bit rate to be able to &quot;communicate&quot; with one another (but this is not necessarily true in the case of communication between people and objects). However, the object must be accessible from anywhere without a wire connection. In this case, wireless networks are interesting less for the mobility they allow than for the global coverage they provide, allowing the object to be constantly connected to the network, no matter where it is located.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The pervasive network&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A pervasive network is a network that functions anywhere and at any time. Such a network must be agnostic: in other words, it is not up to a operator to decide what kinds of object will be connected. In a pervasive network, it is up to the ecosystem of uses, in a quasi-Darwinian model, to determine the objects that will be used, as well as their types of use. To enable the very large number of objects surrounding us to be connected, the pervasive network must not cost very much, must function on the basis of a set fee and must have enough bandwidth to transport the information of our &quot;Personal Area Network&quot; (PAN).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Under these conditions, the operator's role changes once again. In such a network, the connection must take place as transparently as possible. It would be impossible to manage a subscription and a specific configuration for each one of our objects. What's more, the operator's value lies not only with the connection service, but also with filtering links in order to ensure the privacy of certain links between the objects of a PAN. It is not a question of choosing one technology that is better than the others (for example, choosing between Wi-Fi and UMTS), but of being able to choose the best technology at the right time.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The first Wi-Fi pervasive networks&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nevertheless, the Wi-Fi wireless network technology inspires a real fascination. According to the pioneers in pervasive networks, these networks can be set up so simply that users themselves can create access networks. Today, for very little money, it is possible to connect a house to the neighbor's house across the street. There is a real &quot;freshness&quot; in users adopting this model easily in a sincere desire to take part in building the network. This is a return to the philosophy of the early days of the Internet, when users themselves were building the network to interconnect. However, Wi-Fi is not a comprehensive technical solution for pervasive networks. It was invented with the extremely modest ambition of linking peripheral devices together in a local network inside a building. But everyone has been taking this easy-to-use technology and using it to build both community networks and &quot;tribes.&quot; This enthusiasm has been so intense that everyone has &quot;got on Wi-Fi.&quot; The economy of scale has permitted large cost decreases for the hardware. This is why the first pervasive networks are emerging in Wi-Fi, even if other technologies (such as Zigbee or UWB) will no doubt soon appear. In its early days, the Internet was in a similar situation: it was a network of lower quality than the professional proprietary networks, but it won out because of its flexibility and because most people began using it.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ambient intelligence&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The notion of pervasive network leads to that of &quot;ambient intelligence&quot;: from the moment when objects become &quot;smart&quot; and are permanently interconnected via a pervasive network, why not have them do something other than their initial purpose? All these &quot;smart objects&quot; could have addresses allowing them to be identified and to receive information so that they could broadcast alerts. Indeed, no matter how much bandwidth increases, the user's attention is irremediably limited.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Today, following the model proposed by the company Ozone, building a general pervasive network would permit all these &quot;smart machines&quot; to be interconnected, thereby opening up a communication sphere able to alert and inform at any time. Experiments are being conducted, including the Wi-Fi lamp made by the company Violet. This lamp transmits an SMS through a change in colors - this can be a message from a loved one or a rise in a company's stock price...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;What economic models for pervasive networks?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The economic models of such wireless pervasive networks have yet to be invented. Each phase of the Internet has called into question the models used in previous phases without replacing them entirely. The technical architecture developed for the Internet has been able to adapt through the years with each change, despite radically different needs: going from a network of symmetric exchanges to a client/server network with the arrival of the web, a guaranteed bit rate across a best-effort IP network designed for voice, etc. New uses (peer-to-peer but also pervasive networks, etc.) mean new architectural challenges that are already being studied by laboratories.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;However, will the regulations established for networks leave the necessary space for inventing new models that do not yet exist for the future phases of the Internet?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;A few directions for further research&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;At the end of this description, it is clear that the knowledge society draws on infrastructures that the economy should enable to develop quickly without mortgaging the future. We are forced to observe that the earliest phases of the development of these networks represented a considerable innovative force. Today, we are confronted with two major challenges: enabling a network development that is not restricted by prior network architectures and opening this network up to the needs not only of people but also of objects.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Three directions could facilitate the emergence of broadband and pervasive networks:&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The architectural aspects, even more than the technologies, have an impact on the economics of networks. The decision-makers within local authorities have a major responsibility during the development phases of the network. It is important to cast light on the architectural debates and their stakes, in order to allow the public authorities to draft relevant actions for planning and development.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Infrastructure set-up requires large investments that are made in a short time in a highly innovative context. New questions are raised by ruinous competition or the disparities in the profitability of developing different geographic areas. It is urgent to reflect on new economic models that would allow those involved to go along with these changes, while taking into consideration the problems posed by the quick obsolescence of the chosen solutions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Furthermore, the Internet is a marvelous example of an architecture that has been able to adapt to needs that were undefined in the beginning. Beyond simply taking users' needs into account, the network of networks has been able to give users the means to appropriate it and to shape it according to those needs. This &quot;plasticity&quot; of the network is a fundamental factor of the innovation in its uses. We need to understand what the criteria are that enable this flexibility in order to orient our future choices, not towards what seems &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;a priori&lt;/i&gt; to be the best solution today, but rather towards the solution that will allow the network and the people who use it to adapt to a world that is continually evolving and innovating.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;If Internet governance is to preserve the interests of those involved, it must not hold back the future. Even the regulatory modes must be innovative to meet this two-fold challenge: maintaining balance as well as possible while encouraging the development of innovations.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_126 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:99px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.voxinternet.fr/local/cache-vignettes/L99xH33_logo_CC-25-70fa9.gif' width='99' height='33' alt=&quot;&quot; style='height:33px;width:99px;' class='' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Une r&#233;gulation compl&#232;te et coh&#233;rente</title>
		<link>http://www.voxinternet.fr/spip.php?article11</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.voxinternet.fr/spip.php?article11</guid>
		<dc:date>2005-06-18T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel CORNU</dc:creator>

<category domain="http://www.voxinternet.fr/spip.php?rubrique4">Economie des r&#233;seaux</category>

		<dc:subject>Article scientifique</dc:subject>

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au moment de r&#233;fl&#233;chir aux diff&#233;rentes formes que pourraient prendre une gouvernance de l'Internet, il est n&#233;cessaire de mieux comprendre comment une r&#233;gulation qui par d&#233;finition se veut compl&#232;te et coh&#233;rente peur &#234;tre appliqu&#233; &#224; un monde complexe en r&#233;seau.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre monde est complexe. Cela ne veut pas dire qu'il est compliqu&#233;, mais plut&#244;t que c'est un ensemble d'&#233;l&#233;ments qui interagissent ensemble. Que ceux-ci soient des citoyens, des consommateurs, des soci&#233;t&#233;s, des gouvernements ou n'importe quel autre organisme, le tout forme un r&#233;seau complexe de personnes et de groupes qui &#233;changent entre eux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les lois de la complexit&#233; ont une particularit&#233;, elles s'appliquent &#224; tous les domaines. Que le syst&#232;me soit form&#233; de personnes, de machines ou de mol&#233;cules, certaines r&#232;gles s'exercent de la m&#234;me fa&#231;on. Les sciences de la complexit&#233; sont jeunes, mais elles peuvent ainsi s'enrichir des travaux r&#233;alis&#233;s dans diff&#233;rents domaines scientifiques : &#233;conomie, sociologie, biologie ou physique par exemple. L'une de ces r&#232;gles a &#233;t&#233; d&#233;couverte en 1931 par le math&#233;maticien et logicien Kurt G&#246;del. Il souhaitait savoir si les math&#233;matiques (un syst&#232;me complexe o&#249; des &#171; postulats &#187; de d&#233;part interagissent entre eux) sont compl&#232;tes et coh&#233;rentes, ce qui est la moindre des choses apparemment. Pourtant il arriva au r&#233;sultat exactement inverse !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous pourrions r&#233;sumer les deux th&#233;or&#232;mes d'incompl&#233;tude et de coh&#233;rence limit&#233;e de G&#246;del en langage commun de la fa&#231;on suivante : quand un syst&#232;me d&#233;passe un certain seuil de complexit&#233;, il ne peut &#234;tre &#224; la fois complet et coh&#233;rent. Ce r&#233;sultat produisit une v&#233;ritable onde de choc. Mais pour en prendre la mesure, nous devons admettre qu'il s'applique &#224; n'importe quelle sorte de syst&#232;me complexe, y compris les r&#233;seaux humains utilis&#233;s en &#233;conomie, sociologie, politique...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'est pas possible d'avoir &#224; la fois de la complexit&#233;, de la coh&#233;rence et de la compl&#233;tude. Les syst&#232;mes que nous mettons en place manqueront au moins un de ces trois objectifs. Si nous n'en sommes pas conscients, nous ne pourrons pas choisir celui auquel nous sommes pr&#234;t &#224; renoncer. Nous pourrons m&#234;me faillir sur deux d'entre eux ou sur la totalit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous risquons ainsi de transformer un r&#233;seau complexe en un syst&#232;me &#171; simpliste &#187;. Pour r&#233;guler, il suffirait d'&#233;tablir des liens entre un pouvoir central et chacune des personnes concern&#233;es sans prendre en compte les liens ENTRE les personnes. Mais dans le m&#234;me temps nous perdrons une des caract&#233;ristiques les plus importantes des syst&#232;mes complexes : sa capacit&#233; d'auto-adaptation. L'adaptation, et donc la survie du syst&#232;me, ne d&#233;pendent alors plus que de la personne ou de l'organisme qui se retrouve au centre de ce syst&#232;me en &#233;toile. Un tel syst&#232;me n'est plus complexe car tous les &#233;changes se font uniquement entre le point central et un des participants. Une telle organisation ne peut fonctionner correctement que si on &#233;limine toute possibilit&#233; d'&#233;change entre les membres. Supprimer la complexit&#233; dans notre &#171; soci&#233;t&#233; en r&#233;seau &#187; est cependant encore moins facile que dans n'importe quelle p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous risquons &#233;galement de mettre en place une r&#233;gulation qui n'est pas compl&#232;te. Comment s'appliquent les r&#232;gles que d&#233;termine un comit&#233; d&#233;cisionnel &#224; ses propres membres ? Les repr&#233;sentants peuvent-ils se repr&#233;senter eux-m&#234;mes ? Ils font pourtant partie du &#171; peuple &#187; dont ils ont la repr&#233;sentation. Si nous souhaitons, pour &#234;tre complet, que la r&#233;gulation propos&#233;e s'applique &#224; celui qui la met en &#339;uvre, ce dernier se trouve alors face &#224; une incoh&#233;rence : son int&#233;r&#234;t individuel peut se trouver en conflit avec l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral alors m&#234;me qu'on lui a d&#233;l&#233;gu&#233; la capacit&#233; de pr&#233;server cet int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Pour r&#233;soudre cette difficult&#233;, nous pr&#233;supposons que le d&#233;cideur choisira syst&#233;matiquement l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Pour en &#234;tre plus s&#251;r, nous mettrons en place une forme de surveillance du fonctionnement du syst&#232;me que nous esp&#233;rerons... compl&#232;te.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fermer les yeux sur l'incoh&#233;rence des int&#233;r&#234;ts, sur l'incompl&#233;tude de notre surveillance du syst&#232;me ou sur la tendance &#224; supprimer les &#233;changes entre membre pour r&#233;duire la complexit&#233; ne r&#233;sout pas notre probl&#232;me. Nous devons accepter que lois de la complexit&#233; interdisent aux syst&#232;mes que nous mettons en place d'&#234;tre &#224; la fois complexes, complets et coh&#233;rents.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un &#233;clairage int&#233;ressant nous a &#233;t&#233; apport&#233; par Michel Serres lors d'un &#233;change que nous avions eu. Il expliquait, en tant qu'ancien marin gascon, que sur un bateau il y avait toujours deux chefs : un chef de quart et un chef de pont. L'un punit, l'autre r&#233;compense. Il existe des cas de figure o&#249; un membre de l'&#233;quipage doit faire quelque chose d'interdit pour sauver le bateau. Dans ce cas, il est important qu'il soit r&#233;compens&#233;, sinon la prochaine fois il ne sauvera pas le bateau. Mais il est &#233;galement important qu'il soit puni, sinon chacun risque de ne plus respecter les consignes et le bateau se retrouve &#233;galement en danger. En perdant la coh&#233;rence, il devient possible de conserver la complexit&#233; (un bateau est un syst&#232;me complexe qui doit s'adapter &#224; son environnement) mais aussi de prendre en compte tous les cas de figure, y compris ceux tr&#232;s particuliers qui n&#233;cessitent cette double r&#233;action. Plut&#244;t que de perdre totalement la coh&#233;rence, l'id&#233;e consiste &#224; utiliser deux d&#233;cideurs. Chacun d'eux a sa propre coh&#233;rence m&#234;me si leurs actions conjugu&#233;es peuvent sembler incoh&#233;rentes entre elles. Cette approche, si elle permet une gestion de la complexit&#233;, n'est pas pour autant compl&#232;te : que se passe-t-il si la personne &#224; r&#233;compenser et punir est justement un des deux chefs ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous retrouvons cette tension entre deux objectifs apparemment incoh&#233;rents dans de nombreux autres cas. Norbert Alter, par exemple, d&#233;crit le processus d'innovation comme une tension entre le &#171; cr&#233;ateur &#187; et les &#171; conservateurs &#187;. C'est gr&#226;ce &#224; cette tension qu'une cr&#233;ation peut ensuite &#234;tre accept&#233;e par le groupe pour devenir une innovation, c'est-&#224;-dire une cr&#233;ation que la collectivit&#233; s'est appropri&#233;e. Le r&#244;le du chef consiste alors non plus &#224; trancher d&#233;finitivement pour l'une ou l'autre des parties mais &#224; faciliter ce double courant pour mettre en place un environnement favorable d'o&#249; les innovations pourront &#233;merger.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans toutes nos r&#233;flexions sur la gouvernance et les diff&#233;rents modes de r&#233;gulation, nous devons prendre en compte que le monde dans lequel nous vivons est intrins&#232;quement complexe. Nous pouvons tenter de le simplifier pour qu'il puisse &#234;tre concevable par un tr&#232;s petit nombre de ses membres. Nous pouvons &#233;galement choisir de profiter de cette complexit&#233; et de sa capacit&#233; d'auto-adaptation. Dans ce cas, il nous appartient d'accepter en toute conscience de faire des concessions sur la coh&#233;rence et la compl&#233;tude.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(mars 2005)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_127 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:99px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.voxinternet.fr/local/cache-vignettes/L99xH33_logo_CC-26-ea86b.gif' width='99' height='33' alt=&quot;&quot; style='height:33px;width:99px;' class='' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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